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Le programme de restructuration du parti, voulu par Mohamed El Yazghi, est aujourd'hui en marche.

Rencontre des groupes parlementaires des deux chambres du Parlement vendredi, réunion à la fois de la section féminine et de la Chabiba Ittihadia samedi et enfin du groupe des ministres socialistes dimanche. L'USFP multiplie les occasions de débat et de réflexion sur sa situation actuelle et surtout future et annonce les projets de plate-forme d'action. Le programme de restructuration du parti, voulu par Mohamed El Yazghi, est aujourd'hui en marche. Les socialistes s'organisent pour mieux agir. Vendredi 13 février, les députés et conseillers socialistes se retrouvent au siège du Parlement pour une journée d'études. Le Premier secrétaire du parti prend naturellement sa place au centre de l'assemblée.  


Mohamed El Yazghi est invité à prendre la parole. Son discours d'orientation vient répondre à des interrogations longtemps contenues. «La position prise par l'USFP au sujet de la nomination d'un Premier ministre en dehors des rangs des partis politiques est aujourd'hui dépassée. Le parti qui avait alors tenu à exprimer son opinion a, par la suite, décidé de soutenir le gouvernement de Driss Jettou et il maintient cette position aujourd'hui ». Une déclaration destinée à clore le débat sur la question.

Mohamed El Yazghi est relayé par Fathllah Oualalou pour dire tout le bien qu'ils pensent de leur chef au gouvernement. On loue l'action de l'homme et ses qualité de bon manager. Le Premier secrétaire de l'USFP ira jusqu'à dénoncer « la cabale » contre le Premier ministre et le mauvais procès d'intention qui lui est fait. L'USFP serait-elle contre l'idée d'un remaniement ministériel ? C'est à ne pas s'y tromper en écoutant le fervent plaidoyer des dirigeants socialistes.

Mohamed El Yazghi, soulignera au passage que la position de l'actuelle Premier ministre est plus confortable que celle qu'avait son prédécesseur socialiste, alors tenu par un jeu d'équilibre pour préserver sa majorité. De la même manière, l'USFP aurait aujourd'hui les coudées franches pour « mieux asseoir sa position au sein de l'équipe gouvernementale ». Les ministres socialistes sont, en tous les cas, convaincus d'avoir su imposer leur rythme à l'action gouvernementale.

Le parti les conviait hier à faire le bilan de leur travail et envisager une action commune avec les parlementaires pour mieux servir la stratégie du parti et le rendre encore plus visible. Vendredi, les parlementaires faisaient, ainsi, leur proposition de créer une plate-forme devant servir les intérêts du parti.

Une commission permanente devrait naître qui regrouperait des représentants des deux équipes et servirait à coordonner leur action. Une connexion est prévue avec la commission administrative du parti pour une meilleure cohérence entre l'action au sein du Parlement, du gouvernement et du parti. Dimanche, la décision est favorablement accueillie par les ministres.

L'action devrait ouvrir de nouvelles perspectives. L'USFP, qui réunissait samedi les sections des femmes et des jeunes, entend marquer sa différence. «Notre parti dispose d'un projet de société, il a une ligne de conduite et une stratégie qui lui confèrent une position distinguée sur l'échiquier politique », affirmait Mohamed El Yazghi.

L'USFP, qui a lancé le chantier de sa restructuration promise par le Premier secrétaire, trace aujourd'hui une vision politique axée sur quatre points essentiels: la redéfinition de la ligne politique du parti, le renforcement de l'action gouvernementale et parlementaire, l'écoute des préoccupations des citoyens et l'ouverture sur la société civile, les syndicats et les autres partenaires de l'action partisane.

Ainsi, le besoin des alliances serait « stratégique ». Le numéro un du parti annonçait la mise en place de commissions conjointes devant se pencher sur les possibilités et les modalités d'une action commune entre l'USFP et le Parti de l'Istiqlal, le Parti du progrès et du socialisme et la Gauche socialiste unifiée. L'orientation se précise donc de la création d'un grand pôle politique de gauche, même si aujourd'hui les actions sont encore limitées ou démarrent de façon timide.

Mohamed El Yazghi souligne, dans la même lancée, présente la question de l'intégrité territoriale, le chômage et la menace intégriste comme des défis qui demandent de toutes les forces vives du pays mobilisation et vigilance extrêmes.
L'USFP entend, par ailleurs, rationaliser son action et assurer une meilleure qualification à tous ses militants engagés dans l'action parlementaire, gouvernementale ou purement partisane. C'est le vœu sans cesse formulé durant une fin de semaine chargée en rencontre des instances du parti.

Ainsi le groupe parlementaire du parti socialistes, à la première comme à la seconde chambre, se veut une véritable force de proposition. Driss Lachgar et ses collègues n'hésiteront pas à énumérer toutes les propositions de loi qu'ils ont pu présenter dès l'ouverture de la législature. Deux propositions et non des moindres sont comptés à leur actif : celles concernant le Code de la nationalité et le Code de la presse. Une manière de contourner le blocage au niveau du Secrétariat général du gouvernement.

C'est le Premier secrétaire de l'USFP qui affirmera que ses collègues de ce département gouvernemental travaillent encore aujourd'hui avec des méthodes traditionnelle et mettent beaucoup de temps à sortir les projets de loi qui leurs sont soumis par le gouvernement. M. El Yazghi racontera, pour l'anecdote, que pour contourner le blocage d'un projet de loi, le Secrétariat d'Etat à l'environnement avait choisi de le convertir en proposition de loi qui n'a pas mis beaucoup de temps pour être adoptée par le Parlement.
L'USFP est ainsi persuadé que ses groupes parlementaires constituent une force de frappe et comptent s'en servir à bon escient.

Ces derniers, pour mieux parquer leur différences, profitent de la période entre les deux sessions parlementaires pour engager le débat sur des questions inscrites au programme de l'agenda parlementaire. Driss Lachgar invitera ses collègues à préparer et organiser pas moins de quatre journées d'études sur les thèmes du Code de la presse, la loi sur les partis politiques, la protection des consommateurs et le Code de la nationalité avec à la clé une visite de terrain dans le sud du pays pour s'enquérir des conditions des pêcheurs et agriculteurs.
  
Khadija Ridouane  in Le Matin

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