​Abdelhamid Fatihi : Le PLFR n’est qu’une correction des équilibres rompus par la pandémie

​Abdelhamid Fatihi : Le PLFR n’est qu’une correction des équilibres rompus par la pandémie

Adoption du projet de loi de Finances rectificative par la Chambre des conseillers

www.libe.ma

La Chambre des conseillers a adopté à la majorité le projet de loi de Finances rectificative (PLFR) n°35.20 au titre de l’exercice 2020, lors d’une séance plénière tenue vendredi.
Ce projet de loi, approuvé par 29 députés et rejeté par 13 autres avec abstention de 4 membres, vise à mettre en place des mécanismes de soutien à même d’assurer la reprise progressive de l’activité économique et la préservation de l’emploi ainsi que des mesures pratiques pour améliorer l’efficacité de l’administration.
Ledit projet repose sur trois piliers principaux, à savoir l’accompagnement de la reprise progressive de l’activité économique, la protection de l’emploi et l’accélération de la mise en œuvre des réformes administratives.
Dans ce sens, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, avait affirmé peu avant dans sa réponse aux interventions de groupes et groupement parlementaires lors de la discussion générale du PLFR à la Chambre des conseillers, que les budgets des secteurs sociaux n’ont subi aucune diminution, ajoutant que ce projet de loi accorde la priorité à la mise en œuvre des engagements dans les domaines de la santé, l’éducation, la lutte contre les disparités sociales et spatiales, outre le développement rural et la lutte contre les effets de la sécheresse.
Le ministre avait de même relevé que l’élaboration du PLFR-2020 repose sur des hypothèses objectives basées sur une étude détaillée de l’évolution des contextes national et international, soulignant que ces hypothèses s’appuient sur un contexte et des données susceptibles de changer à tout moment, compte tenu de cette conjoncture mondiale marquée par l’instabilité et que le taux de croissance, prévu à -5% cette année, est en ligne avec celui de l’économie mondiale estimé par le Fonds monétaire international (FMI).
Cette crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), a-t-il souligné, est intervenue dans une période où l’économie marocaine se dirigeait vers la consolidation de ses fondements macroéconomiques, l’élargissement des marges via l’accélération de la mise en œuvre d’une série de réformes structurelles, ce qui a permis d’améliorer les marges de manœuvre au niveau de la balance des paiements.
Il s’agit également d’atteindre un niveau soutenable du déficit budgétaire dépassant à peine les 3,5% du produit intérieur brut (PIB) avec un endettement du Trésor maîtrisable. Et d’ajouter que le gouvernement a interagi, en toute objectivité, avec les amendements proposés, notant que que tous les membres de la Commission des finances se sont accordés sur un amendement important permettant aux citoyens à faible revenu d’accéder au logement social et au logement à faible coût dans cette conjoncture difficile.
Il convient néanmoins de préciser que les dispositions du projet de loi de Finances rectificative 2020 n’ont pas fait l’unanimité des groupes parlementaires à la Chambre des conseillers. Ceux de la majorité voient en ce projet un exercice démocratique, alors que l’opposition estime que le projet porte sur des mesures limitées en termes d’impact économique et social.
Dans ce cadre, le chef du groupe socialiste, Abdelhamid Fatihi, a indiqué que la discussion du PLFR se veut un moment de réflexion et de préparation responsable pour gérer l’impact de la crise sanitaire sur l’économie nationale et une occasion de penser aux volets phares institutionnel, politique, économique, financier et social et de créer de nouveaux modes de prise de décision économique et financière dans le pays.
« Le projet n’est qu’une actualisation des hypothèses de base de la loi de Finances 2020 et une correction des équilibres rompus par la pandémie. Il s’agit donc d’un projet de gestion du restant de l’exercice, et le projet de loi de Finances 2021 servira de cadre pour le démarrage effectif de la lutte contre les effets de la crise », a t-il dit.

Partager cet article