Le Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires a tenu sa réunion le 7 novembre 2021 dans un contexte national particulier relatif à l’émission de la décision du Conseil de sécurité au sujet de la prorogation de la Minurso pour une année entière et à la commémoration par le peuple marocain du 46ème anniversaire du lancement de la glorieuse Marche Verte, coïncidant avec les victoires politiques, diplomatiques et sur le terrain, remportées à l’horizon de la proche résolution et clôture définitive du dossier de notre intégrité territoriale.
Les membres du Bureau politique se sont arrêtés sur la teneur du discours Royal à cette occasion, s’inspirant des nombreux messages à destination de l’intérieur du pays mais aussi à l’égard de nos alliés traditionnels.
Le Bureau politique estime que Sa Majesté le Roi ne s’est pas seulement focalisé sur la mise en exergue des acquis réalisés  quant au dossier de notre intégrité territoriale mais a mis aussi l’accent sur les enjeux qui nous attendent, ce qui nécessite une mobilisation continue et une vigilance pérenne pour faire face aux manœuvres des parties dérangées par l’«avancement marocain vers la clôture définitive d’un dossier créé artificiellement par une partie régionale, permettant ainsi à notre pays de progresser également vers les batailles du développement et la poursuite de l’édification des fondements d’un Etat fort et solidaire.
Le Bureau politique loue, en outre, l’orientation exprimée par Sa Majesté le Roi, matérialisée par le fait que la marocanité du Sahara n’est pas seulement un facteur déterminant dans les alliances et consensus politiques et diplomatiques mais aussi dans les conventions et partenariats économiques et commerciaux futurs et par le rejet de toutes les positions floues et ambivalentes de quelque partie que ce soit ne reconnaissant pas la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire.
Par ailleurs, le Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires salue la politique du sang froid adoptée par notre pays en réaction aux provocations algériennes et aux tentatives d’entraîner la région dans des frictions dont on ne pourrait maîtriser les issues et qui, compromettant la paix et la sécurité dans la région, servent les agendas des forces appuyant le terrorisme intercontinental et des mafias du crime organisé, de la traite des hommes et des substances interdites.
Le discours Royal a démontré la vocation du Maroc à adopter les principes de paix et de sécurité dans la région, de même qu’il a affirmé son rangement du côté de l’intérêt de l’ensemble des peuples de la région et de leur droit au développement et au progrès qui devra être la priorité de tous les régimes de la région. Et c’est ce qui a fait que le Souverain privilégie ces peuples maghrébins par une salutation exclusive expressive et débordant de significations politiques et sentimentales.
Par la suite, le Bureau politique s’est arrêté sur la discussion du PLF préparé par le nouveau gouvernement qui ne reflète, hélas, même pas les référentiels sur lesquels prétend se baser le projet de loi (orientations Royales contenues dans le discours d’ouverture de la session parlementaire, rapport de la commission du nouveau modèle de développement, déclaration gouvernementale).
Ce projet a montré l’affluence des prétentions de l’ambition de la majorité gouvernementale renouvelée vers l’Etat social, s’étant prévalue du référentiel d’un libéralisme conservateur qui tend vers des équilibres financiers au détriment des équilibres sociaux.
Le Bureau politique a estimé que le taux de croissance proposé reflète l’ambition modeste de ce gouvernement et son manque de créativité en vue de surmonter les problématiques héritées. Ce taux reste insuffisant pour garantir les opportunités d’emploi promises par cet exécutif, sachant que lesdites opportunités constituent une preuve quant à la confusion gouvernementale dans l’approche de la question de l’emploi. Puisque les postes d’emploi perdus à cause de la pandémie en plus de l’avènement de nouveaux postulants au marché du travail font que les chiffres présentés par le gouvernement sont bien loin de réduire le taux du chômage devenu plus que jamais susceptible d’augmenter dans des proportions importantes.
De même que les mesures fiscales prises ne s’éloignent pas de l’approche héritée consistant à faire supporter la plus grande part des ressources fiscales aux salariés, ce qui contribue à affaiblir l’élargissement de la classe moyenne, sans laquelle tous les programmes de développement feront du surplace. Aussi la suppression de l’impôt progressif sur les sociétés au profit de l’impôt proportionnel ne sert pas l’intérêt des petites et moyennes entreprises et n’encourage pas une concurrence qui créerait de nouvelles richesses et des investissements qui contribueraient à élargir le marché du travail.
Le gouvernement n’a pas dérogé aux méthodes habituelles de couverture des ressources du trésor public, en recourant à l’emprunt, que ce soit sur le marché international, ou en augmentant la contribution de la dette publique, ce qui menace les équilibres financiers futurs et fait que les prochains budgets pourraient souffrir des répercussions du coût élevé du service de la dette. Ce qui prouve que le gouvernement a une vision réduite et ne dispose pas de solutions d’avenir.
Les augmentations modestes qui ont concerné les budgets des secteurs sociaux, ainsi que les mesures fiscales qui n’ont pas pris en compte les conclusions des Assises nationales sur la réforme fiscale, le taux de croissance proposé ne correspondant pas aux défis sociaux et de développement, l’absence de propositions claires pour attirer les investissements internes et externes et l’établissement du budget sur la base d’hypothèses sont soit incontrôlés (une bonne année agricole), soit illogiques (Le prix moyen de l’énergie, sur lequel le projet de loi de Finances a basé sa prévision, est bien inférieur aux prix constatés aujourd’hui sur le marché international).
Tous ces indicateurs expliquent notre décision de voter contre le projet de loi de Finances. Nous tenons également à attirer l’attention, avant qu’il ne soit trop tard, sur le fait que la nouvelle majorité s’est éloignée des fondements du Nouveau modèle de développement et qu’elle continue de faire la sourde oreille à toutes les interpellations et recommandations, tout en adoptant une réelle démarche d’exclusion. Si elle ne change pas son approche et son alignement sur des politiques contraires à l’ambition de l’Etat social, ladite majorité sera alors responsable de toute tension sociale qui pourra survenir.
Concernant l’organisation interne du parti, le Bureau politique tient à louer tous les acquis organisationnels réalisés sous la direction du Premier secrétaire, comme le démontre le développement sur le plan organisationnel qui a contribué à l’amélioration de 70% des résultats du parti dans les différentes échéances électorales. Des résultats qu’il va falloir valoriser, sur le plan électoral et organisationnel, tout en relevant le défi de les développer, conformément à la force politique du parti et son histoire.
Le Bureau politique a, par ailleurs, décidé d’inviter les membres du Conseil national à se réunir en une nouvelle session, dont la date a été fixée au 20 novembre courant, pour un débat plus large et plus participatif, en ce qui concerne les positions politiques du parti et sa feuille de route dans la perspective des prochaines échéances organisationnelles et dans le cadre de la tenue du Congrès national ordinaire.

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