Dans un entretien accordé au portail d’information «Al Omk»

Dans un entretien accordé au portail d’information «Al Omk»

Driss Lachguar : Les ministres technocrates se doivent d’adhérer à un parti politique ou créer leur propre parti s’ils ne sont convaincus par aucun des partis existants

La compétence dans son acception politique est synonyme de courage, d’audace et de capacité à prendre les décisions appropriées dans le cadre d’une infrastructure technique idoine

Dans un entretien accordé au portail d’information « Al Omk », le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachguar, a défendu l’initiative de la réconciliation et de l’ouverture que le parti de la Rose a lancée récemment.
Il a affirmé en substance que tous les partis marocains connaissent des problèmes internes et des dissensions et qu’il suffit de jeter un coup d’oeil sur Facebook pour s’en rendre compte, ajoutant que l’USFP a lancé son initiative parce qu’il est un parti franc et transparent avec la société et l’opinion publique. « Dans notre parti, nous ne pouvons pas radier, d’un seul coup, l’une ou l’autre de nos structures organisationnelles dans les provinces et nous ne pouvons pas non plus expulser un membre du Bureau politique ou prendre une décision contre lui », a-t-il affirmé. Et de préciser : « Aujourd’hui, nous tenons à dire que tous les symboles et dirigeants de l’USFP, avec leurs succès et leurs échecs, font partie de ce parti et nous ne pouvons pas exclure qui que ce soit d’entre  eux pour cause de divergence d’opinions politiques ».
«Nous sommes certes sortis du Parti Istiqlal en 1959, comme je l’ai souligné dans mon discours (NDLR prononcé le 29 octobre dernier lors de la commémoration du 60ème anniversaire de la création du parti), mais c’est l’alliance entre l’USFP et le Parti de l’Istiqlal qui a favorisé les réformes constitutionnelles et politiques lors d’étapes difficiles vécues par nôtre pays. Nous avons travaillé de concert avec ce parti. Malheureusement, cette culture est absente aujourd’hui », a-t-il déploré.
Le dirigeant ittihadi a également tenu à préciser qu’il ne fait pas partie à titre personnel du litige et que certains leaders du parti étaient la partie principale du litige historique qui a donné naissance à plusieurs partis politiques. Lors du 6ème Congrès national du parti de la Rose, « je n’étais pas encore Premier secrétaire et la scission au sein du parti avait donné lieu à trois partis politiques. De même lors du 7ème Congrès, je n’étais pas Premier secrétaire », a-t-il expliqué

Evoquant le cas du dirigeant syndicaliste et de l’USFP, Noubir El Amaoui, qui a quitté le parti lors du 6ème Congrès, il s’est interrogé : « Nous savons ce qui s’est passé lors de ce congrès. Est-ce que le champ syndical avait besoin d’une nouvelle organisation ? Est-ce que le champ politique avait besoin de tous ces partis nés de la divergence d’opinions sur la participation au gouvernement d’Alternance ? ».
Driss Lachguar a également souligné que l’USFP organisera jusqu’en mars prochain des conférences nationales auxquelles prendront part des compétences ittihadies, qu’elles soient au sein ou en dehors des institutions du parti. Le débat porte sur les causes des litiges politiques au sein du parti et sur les prises de position sociales et économiques. « Nous présenterons au Conseil national une proposition visant à faire de  toutes les compétences ittihadies qui participeront à ces conférences des  membres de la commission préparatoire du congrès, et nous n’allons pas les considérer comme des membres qui ont fraîchement rejoint les rangs de l’USFP», a-t-il précisé.
Par ailleurs, il a nié catégoriquement son intention de se représenter au poste de Premier secrétaire du parti, car les règlements l’interdisent, soulignant qu’il ne se retirera pas de la scène après avoir quitté son poste. « En toute responsabilité, je me retirerai seulement de la responsabilité partisane », a-t-il indiqué, affirmant qu’il soutiendra la direction du parti qui sera issue du prochain Congrès national, qu’il assistera  aux activités qu’elle organisera et qu’il en appuiera les décisions et les positions.
Concernant le dernier remaniement ministériel, Driss Lachguar a mis de nouveau les points sur les i en s’inscrivant en faux contre toutes les assertions prétendant qu’il aurait proposé son nom et celui de sa fille à des postes ministériels. « Si j’avais proposé mon nom pour briguer un poste et que j’avais échoué, la décision officielle et responsable dans ce cas aurait consisté à ce que je présente ma démission de la direction du parti », a-t-il tranché, tout en soulignant qu’il a présenté une liste écrite au chef du gouvernement Saad Dine El Otmani contenant les noms des Ittihadis ministrables tout en invitant ceux qui relaient les fausses informations à ce propos à jeter un coup d’oeil sur cette liste pour connaître la vérité. Dans ce cas, «c’est l’écrit qui fait foi », a-t-il indiqué.
Il s’est également dit satisfait du travail  qu’il a accompli à la tête du parti de la Rose, tout en affirmant que comparativement aux autres partis de la majorité, l’USFP a eu son lot dans le remaniement ministériel. « Dans la logique de la majorité, on peut considérer que la présidence de la Chambre des représentants équivaut à deux postes ministériels », a fait savoir le Premier secrétaire.
S’agissant de la présence des technocrates au sein du gouvernement, Driss Lachguar a considéré que cela posait la question de la liaison entre la responsabilité et la reddition des comptes, appelant les ministres technocrates à rejoindre les partis politiques ou à en créer des nouveaux si aucune des formations existantes ne leur plait ou ne les convainc.

T.M.

Partager cet article