Fatiha Saddas pointe du doigt les dysfonctionnements du groupe Al Omrane

Fatiha Saddas pointe du doigt les dysfonctionnements du groupe Al Omrane

Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a fortement épinglé le groupe Al Omrane lors de la réunion de la Commission de contrôle des finances publiques tenue mercredi à la Chambre des représentants en présence notamment du président du directoire du groupe Badre Kanouni et de la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Nouzha Bouchareb.
Prenant la parole au nom du Groupe socialiste,  Fatiha Saddas a critiqué les dirigeants du groupe Al Omrane et leur gestion en avançant plusieurs remarques.
La première concerne les recommandations des rapports de la Cour des comptes sur lesquelles travaille la commission parlementaire. Selon la députée, la présentation d’Al Omrane passe sous silence les remarques mises  en évidence dans ces rapports. «J’attendais dans votre présentation des réponses sur les remarques de la Cour des comptes concernant les dysfonctionnements, et comment vous les avez traitées par l’adoption de mesures, de procédures et de décisions de nature à permettre que les mêmes erreurs ne soient pas rééditées », a-t-elle souligné.
La deuxième remarque a trait au programme gouvernemental dans ce domaine. Selon Fatiha Saddas, la présentation d’Al Omrane a fait référence aux importantes orientations Royales (dont  l’augmentation de la production de logements sociaux, l’accélération de la lutte contre le logement insalubre et le renforcement de la position du groupe en tant qu’entreprise contemporaine, citoyenne et rentable) et a amplement détaillé les recommandations du Conseil de surveillance, mais elle a rapidement passé en revue le programme gouvernemental dans ce domaine, sans aborder son contenu, ni ses objectifs, ni les missions assignées à cette entreprise dans le domaine de la mise en œuvre de la politique du gouvernement et des collectivités territoriales dans le secteur du logement, de la politique de la ville, de l’urbanisation et du développement urbain.
La troisième remarque de la députée ittihadie a trait à la stratégie et aux projets du groupe. Selon elle, l’intervention du président du directoire a souligné que 70% des projets du groupe sont orientés vers le logement social et l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables.
Selon Fatiha Saddas, la réalité contredit cette conclusion, vu l’échec de projets importants comme ceux de  Tanmesna, de Tanmensourt et d’Ouislane ou du programme de relogement des habitants des bidonvilles dans les villes de Rabat, Casablanca et Tanger (par exemple).
La députée du Groupe socialiste s’est également demandée si Al Omrane respectait ses obligations dans la réalisation de ses projets.
Dans ce sens, elle a souligné que les services dudit groupe se montrent trop laxistes quand il s’agit de veiller au respect du cahier des charges par les maîtres d’ouvrage. Ce qui explique, selon elle, que des logements sont commercialisés sur la base d’un certain niveau d’installations et d’équipements, mais les bénéficiaires y découvrent des choses qui ne figurent pas sur les plans initiaux, tout en évoquant la responsabilité du Groupe concernant la réalisation des travaux liés à la réparation des vices cachés, et s’il allait engager des poursuites judiciaires contre les entreprises contrevenantes et indemniser les clients lésés.
La cinquième remarque concerne la médiation et la gestion des plaintes. Fatiha Saddas a noté que malgré les efforts consentis par le groupe, le système de gestion des plaintes et des litiges laisse à désirer et souffre de certaines lacunes, soulignant que la lenteur du traitement des plaintes reçues par certains services régionaux du Groupe conduit à l’augmentation du nombre de litiges soumis aux tribunaux, ce qui induit des  charges supplémentaires sur les plans financier et administratif et porte atteinte à l’image de marque d’Al Omrane auprès de l’opinion publique.
La députée ittihadie s’est , par ailleurs, interrogée sur les raisons de l’absence d’un système de médiation transparent qui définit les obligations et les droits des parties concernées, de manière à ce que le recours aux tribunaux devienne une mesure exceptionnelle et non une règle dans le traitement des litiges.  L’intervention de Fatiha Saddas a porté aussi sur la relation du groupe avec ses partenaires économiques. Elle a souligné à ce égard  qu’il est difficile de concevoir que les relations entre Al Omrane et le secteur privé opérant dans le secteur deviennent des relations gagnant-gagnant. Cela tient, selon elle, à la qualité des produits fournis par ces sociétés, au non-respect de certaines des exigences contenues dans les cahiers des charges et à la vente des produits immobiliers à des prix qui ne tiennent pas compte des avantages publics dont elles ont bénéficié. Sans oublier que le programme d’habitat social dédié à une certaine catégorie de la population a été dévié de son objectif initial.
La gestion des produits immobiliers du groupe a  été remise en question par la députée socialiste. D’après Fatiha Saddas, la commercialisation des unités sociales du groupe s’élève à 21.261 unités et dépend en grande partie de l’efficacité des partenaires institutionnels participant à la réalisation de ses projets, alors que la réserve de parcelles, d’appartements et d’activités commerciales du groupe atteint 35.886, ainsi que 17.252 unités sociales vendues directement par le groupe, ce qui pose la question de l’efficacité  des études réalisées et des hypothèses sur la base desquelles les projets ont été élaborés, ainsi que la qualité de leurs produits et leur attractivité. Ceci concerne notamment les projets lancés après le déclin du marché immobilier à partir de l’année 2008.
De plus, la députée socialiste cite deux exemples flagrants de la mauvaise gestion du groupe. 16 ans après son  lancement du projet de Tamesna, ce dernier n’a été  réalisé qu’à hauteur de 54,05 % et le nombre de ses habitants n’a atteint que 20% de l’objectif.
Quant à Tamansourt, le niveau de réalisation atteint 40.704 logements, soit un taux de 45,22 % par rapport aux logements attendus. La population actuelle atteint 15,11% seulement.

 

Mourad Tabet

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