Habib El Malki appelle à l’accélération du rythme de l’intégration économique en Afrique

Habib El Malki appelle à l’accélération du rythme de l’intégration économique en Afrique

Pour le président de la Chambre des représentants, le continent a besoin d’une nouvelle élite politique et économique qui soit dans l’air du temps

Le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, a souligné lundi à Rabat la nécessité d’accélérer le rythme de l’intégration économique en Afrique autour de regroupements structurés.
Intervenant à l’ouverture de la réunion statutaire conjointe de la commission du commerce, et de la commission des transports relevant du Parlement panafricain, il a relevé qu’il s’agit «d’une conscience naturelle qui fera, de manière progressive, de la zone de libre-échange continentale africaine une réalité tangible au service des peuples du continent». Il a noté qu’à la lumière de la crise sanitaire et ses répercussions économiques et sociales dans de nombreux pays, il semble qu’une révision des règles de la mondialisation s’impose, sur la base de l’évaluation d’une nouvelle législation du libre-échange entre le Nord et le Sud, exprimant son regret qu’au moment où le continent africain dispose de ressources, de richesses et de produits variés, sa situation et son rendement demeurent très modestes par rapport au rendement réalisé par les autres zones de libre-échange.
Le président de la Chambre des représentants a indiqué que l’échange commercial panafricain a enregistré depuis le début des années 2000, un taux conséquent de 12,5%, considérant que «si la stratégie de la zone de libre-échange africaine avait été exécutée comme prévu, conformément à l’étude approuvée par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, le continent aurait atteint 33% des échanges commerciaux entre les pays africains». Un pourcentage qu’il estime «très réaliste qu’il faudrait réaliser à travers la construction de cette région sur la base d’approches destinées à servir le continent et ses peuples». A cet effet, il a souligné que «l’Afrique a besoin d’une nouvelle élite politique et économique qui soit dans l’air du temps, qui favorise le changement des mentalités dominantes, qui fasse progresser les domaines de l’éducation, de la formation, de l’université et de la recherche scientifique, et qui met fin aux carences dont souffre notre continent en infrastructures, notamment les ports, les aéroports, les routes, les chemins de fer, les énergies renouvelables et les nouvelles techniques de communication.
De son côté, le premier vice-président de la Chambre des conseillers, Abdessamad Kayouh, a souligné que cette réunion conjointe, la première du genre qu’abrite le Parlement marocain, est le fruit de la dynamique de coopération exceptionnelle qui rassemble le Parlement marocain et le Parlement africain et qui s’inscrit dans le cadre des efforts continus du Royaume du Maroc visant à réaliser l’intégration économique du continent africain, à renforcer les relations bilatérales et à accélérer le rythme du développement.
Il a également indiqué que les principaux sujets qui ont été choisis pour être débattus dans les différentes conférences et ateliers de cette réunion conjointe, donneront l’occasion de se consulter, d’échanger les expériences et les expertises et de toucher aux divers aspects juridiques, institutionnels, logistiques et technologiques liés au domaine du commerce et de l’économie numérique et au rôle des parlements nationaux.
Il s’agit aussi d’une occasion pour les acteurs du secteur privé d’encourager et soutenir les échanges commerciaux entre les pays africains, a-t-il ajouté, relevant aussi la volonté conjointe de mettre en œuvre les objectifs du «Plan de développement durable des Nations unies pour 2030», ainsi que l’intégration des pays africains dans la mise en œuvre des engagements contenus dans l’« Agenda de l’Union africaine pour 2063».  Dans ce contexte, M. Kayouh a relevé qu’un certain nombre de défis se posent aux représentants des Parlements africains, en particulier l’harmonisation des législations nationales avec le contenu de l’accord de Kigali pour l’établissement de la «zone de libre-échange continentale africaine» et ses protocoles d’accompagnement, ainsi que la coopération avec les secteurs gouvernementaux afin d’assurer la cohérence des politiques commerciales, financières et douanières, que ce soit dans le cadre d’accords bilatéraux ou multilatéraux conclus entre d’autres pays, ou au sein des groupements économiques régionaux du continent africain.
Il a estimé que l’accord de libre-échange continental africain nécessite de travailler sur la réalisation d’un certain nombre de mesures législatives, institutionnelles, procédurales et logistiques, en particulier, à l’ombre d’un contexte international caractérisé par l’intensité et la force des tensions et la concurrence entre les pôles économiques mondiaux qui pèsent sur le continent, et également à l’ombre du boom numérique que connaît l’économie mondiale.
Pour sa part, la deuxième vice-présidente du Parlement de l’Union africaine, Haïdara Aissata Cissé, a souligné le rôle joué par le Parlement africain pour encourager les échanges commerciaux africains, estimant que le commerce entre les pays africains ne représente que 15% par rapport au pourcentage d’échanges dans d’autres régions géographiques, affirmant que cette situation peut être inversée en prenant des mesures appropriées qui contribueraient à la promotion des échanges commerciaux panafricains.  Haïdara Aissata Cissé a noté que la zone de libre-échange africaine est complémentaire aux autres mesures visant à renforcer l’intégration africaine et constitue une autre pièce dans la construction du continent et dans la concrétisation de l’Agenda 2063.
Pour la vice-présidente du Parlement de l’Union africaine, cette rencontre est une occasion de mettre en avant les efforts déployés par le Maroc pour mettre en place les conditions appropriées pour promouvoir le commerce panafricain, soulignant que le Royaume joue un rôle majeur dans le domaine du développement local et africain dans plusieurs domaines, ce qui se reflète dans le volume de ses échanges avec l’Afrique.
Si le commissaire au commerce et à l’industrie de la Commission de l’Union africaine, Albert Muchanga, a noté qu’il y avait du travail à faire en vue d’adopter l’accord relatif à la zone de libre-échange continentale africaine, le président de la Commission du commerce, des douanes et de l’immigration du Parlement panafricain, Henry Venaani, a affirmé que l’Afrique regorge d’énergies et perspectives prometteuses, soulignant l’importance de contribuer à créer un avenir meilleur en s’appuyant sur les énergies africaines, renforçant la complémentarité des économies africaines et en soutenant les échanges commerciaux africains.
Il a noté que de nombreux défis entravent l’intégration de l’Afrique dans le domaine des échanges commerciaux, parmi lesquels la carence en infrastructures ainsi que la non-complémentarité des lois, ce qui affaiblit les économies africaines et empêche de bénéficier des opportunités qui existent.
Le programme de la réunion comprenait la tenue de sessions qui aborderont l’étude de sujets liés au cadre juridique régissant la facilitation des échanges, la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (défis et opportunités) ainsi que la promotion du commerce panafricain.
Cette rencontre s’est inscrite dans le cadre du dynamisme distingué des relations de coopération entre le Parlement marocain et le Parlement panafricain, depuis son adhésion à cette organisation continentale, et dans le cadre de la mise en avant des efforts du Royaume du Maroc visant à réaliser l’intégration économique du continent africain en encourageant les investissements et les échanges commerciaux, en renforçant les relations intra-régionales et en accélérant le rythme du développement.

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