Ibtissam Merras dissèque les points noirs de la gestion du ministère de la Santé

Ibtissam Merras dissèque les points noirs de la gestion du ministère de la Santé

La politique des chaises musicales, le manque de communication et l’absence de transparence, dénoncés par la députée USFP

Le groupe socialiste à la Chambre des représentants a interpellé le ministre de la Santé, Khaled Aït Taleb, sur la gestion de la pandémie de Covid-19 et sur les moyens matériels et humains mobilisés pour y faire face. Au nom du Groupe socialiste, la députée ittihadie Ibtissam Merras a affirmé, lors d’une réunion de la Commission des secteurs sociaux en présence du ministre de la Santé que « depuis la dernière réunion de cette Commission tenue le 28 mai 2020 en votre présence et jusqu’à ce jour, soit environ 100 jours, la pandémie s’est sérieusement développée dans notre pays. Je ne sais pas comment j’aborderai le sujet aujourd’hui, après l’avoir abordé le 28 mai. A cette date, j’ai attiré, ici, votre attention sur des points importants, mais malheureusement vous n’y avez pas prêté attention ». La députée socialiste a accusé Khaled Aït Taleb de manquer de volonté de communiquer. La preuve, selon elle, est l’insistance de tous les groupes parlementaires à l’interpeler et à demander des missions exploratoires, et que les médias ne cessent de le critiquer et de dévoiler des scandales au sein de son département. Et pourtant, le ministre de la Santé garde toujours le silence. D’où les rumeurs qui compromettent sa personne et sa relation avec ceux qui travaillent avec lui. « Nous ne voulons pas du tout nuire à votre personne, mais vous devez clarifier à l’opinion publique tout cela ainsi qu’aux institutions constitutionnelles qui vous interpellent, y compris le Parlement, bien sûr », a-t-elle précisé. « C’est l’ambiguïté et le manque de transparence qui caractérisent la gestion de votre département qui font proliférer les rumeurs », a souligné Ibtissam Merras. La députée de l’USFP a posé plusieurs questions qui nécessitent des clarifications de la part du ministre de la Santé : Pourquoi cette augmentation notable du nombre de cas de Covid-19, en particulier les cas critiques et l’augmentation des cas de décès ? Quelle est la vérité sur ce qui a été évoqué par les médias sur les commandes et les contrats qui ont été attribués à une seule société «master lab», en particulier ceux liés au «test sérologique», qui ne seraient pas adaptés pour faire face à la pandémie, et qu’en est-il de leur période de validité ? Pourquoi prive-t-on les autres entreprises d’importer des tests à des prix inférieurs? Est-ce vrai que l’importation de ces tests n’a été approuvée par la Direction des médicaments qu’au début de ce mois ? Pourquoi le ministère n’a-t-il pas, pendant longtemps, franchi le seuil des 24.000 tests par jour ? Quels sont les critères selon lesquels les 18 laboratoires ont été autorisés à faire ces tests et pas d’autres, sachant que leurs prix varient entre 500 et 1000 dirhams, alors le prix des tests ne dépasse pas 300 dirhams ? Et pourquoi les autres laboratoires n’ont-ils pas été autorisés dans d’autres régions, à l’Est et au Sahara marocain, par exemple ? Pourquoi se limite-t-on à une clinique à Casablanca pour accueillir les patients de Covid-19, alors que la pandémie se propage de manière alarmante dans cette ville ? Existe-t-il des mécanismes pour surveiller les prix, qui sont estimés à 25.000 dirhams par semaine ? Quelle est la vérité sur le débat autour des respirateurs artificiels, et quelle est la vérité sur le conflit qui vous oppose à divers autres ministères (industrie, finances, intérieur …) ? Pourquoi n’a-t-on pas ouvert les nouveaux hôpitaux aux malades surtout durant cette crise sanitaire ? (Témara, Driouch, Zayo) ? Le Groupe socialiste a également évoqué la question liée au protocole de prise en charge des cas Covid-19. « On ne sait plus quel protocole les médecins suivent, et cela résulte bien sûr du manque de communication de votre ministère », a martelé la députée ittihadie. Elle a aussi fustigé la mauvaise gestion des ressources du département de la Santé. « Faire face à toute épidémie nécessite la disponibilité de ressources humaines suffisantes, stables et motivées, mais permettez-moi de décrire la réalité de votre ministère: secrétaire général par intérim, directeur des ressources humaines par intérim, directeur de la maintenance et des équipements par intérim, directeur des hôpitaux et traitements mobiles par intérim, inspecteur général par intérim, Ecole nationale de santé publique sans directeur et aussi le Centre national de transfusion sanguine sans directeur et limogeage de la secrétaire du cabinet du ministre (avec grade de chef de département), sachant qu’elle a exercé ses fonctions auprès de six ministres… », a précisé Ibtissam Merras. Et la députée socialiste d’ajouter : «Plus de 60 limogeages de directeursrégionaux et délégués, de directeurs d’hôpitaux régionaux et provinciaux et de chefs de service dans différentes régions du Maroc, bien qu’ils disposent d’une grande compétence managériale et qu’ils soient à même de faire face à la pandémie. Toussesservices et établissementsfonctionnent maintenant avec desintérims, ce qui a créé une grande confusion dans leur gestion ».

 

T.M

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