Le parti des forces populaires

Le parti des forces populaires

L’UNFP trouve son origine première dans le Mouvement du 25 janvier, c’est-à-dire la révolte de l’aile gauche de l’Istiqlal contre la direction du parti et notamment contre son attitude vis-à-vis du gouvernement  Abdallah Ibrahim. 
Le Congrès fondateur du parti des forces populaires a eu lieu le 6 septembre 1959 au cinéma Kawakib à Casablanca avec la participation de nombreuses organisations anciennement rattachées à l’Istiqlal, dont les Comités régionaux des fédérations unies, les représentants de l’UMT, et des délégués de l’Union marocaine de la jeunesse et de l’UNEM. 
Le Congrès déboucha sur une résolution demandant aux signataires de « renoncer à leurs affiliation et couleur politiques, pour fonder, dans un climat de sincère fraternité, l’Union nationale des forces populaires». 
La suite de l’histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Loin s’en faut. La répression qui s’est abattue sur le parti fut violente. Arrestations, procès, enlèvements, envois de colis piégés égrenèrent la vie de ce parti et eurent comme points d’orgue la déclaration de l’état d’exception et les années de plomb. 
A l’aube des années soixante-dix, l’histoire s’accéléra. 
Le 15 septembre 1974, le Comité central a tenu, en effet, une importante session à Rabat pour étudier la situation du parti. Pour mettre fin à tout amalgame, il a décidé de changer le nom du parti en Union socialiste des forces populaires, délimité les responsabilités des instances du parti et précisé que l’USFP a agi dans le cadre de la légalité en vue de l’élargir et que c’est la politique de répression et d’étouffement des libertés qui a constitué une violation de la légalité. 
Quelques mois plus tard, et précisément le 10 janvier 1975, les assises du Congrès extraordinaire ont été ouvertes, à Casablanca. 
Le Congrès a défini, clairement, les options de l’USFP et fait la liaison entre les trois volets de sa lutte : la libération, la démocratie et le socialisme. Il a élu une direction homogène sous la direction d’Abderrahim Bouabid, et élaboré un projet sociétal, une vision de l’avenir, un programme économique et social. Le Congrès a constitué un tournant historique qui a abouti à l’option démocratique. 
L’histoire a démontré qu’il s’agit d’un programme qui s’inscrit dans le long terme qui a nécessité un travail de longue haleine. La preuve en est que ses fruits ne sont apparus qu’au cours des années 90 et ont abouti aux réformes constitutionnelles et économiques, à l’alternance consensuelle et, partant, à la réforme constitutionnelle de 2011 et à l’alternance par les urnes. 
La décision du 30 juillet fut importante parce qu’elle avait conduit au choix de la lutte démocratique qui a mis le Maroc sur la voie du développement et du changement, et permis de mettre en lumière les valeurs démocratiques, les droits de l’Homme, les libertés publiques, l’équité et la modernité.H.T

Partager cet article