Mohamed Mouhib lors d’une rencontre organisée par la section locale du parti à Sidi Bernoussi

Mohamed Mouhib lors d’une rencontre organisée par la section locale du parti à Sidi Bernoussi

Mohamed Mouhib, membre du Bureau politique de l’USFP, était vendredi dernier l’invité de la section locale du parti à Sidi Bernoussi (Casablanca).
Lors de cette rencontre ouverte qui a été modérée par Brahim Rachad, secrétaire de la section Sidi Bernoussi, il a abordé des questions relatives à  la politique nationale et à la gestion de la ville de la capitale économique du Royaume, soulignant que la situation sociale actuelle est difficile vu le gap important enregistré en matière d’emploi, de santé, etc. « Les demandes sociales sont grandes et les réponses sont insuffisantes », a-t-il martelé, tout en critiquant le bilan négatif du gouvernement d’Abdelilah Benkirane sur ce plan.
A titre d’exemple, Mohamed Mouhib a mis en avant le fait que l’endettement a atteint des seuils intolérables sous le mandat dudit gouvernement et il ne cesse de s’accroître depuis lors. En 2017, la dette a atteint 970 milliards de dirhams, contre 918 milliards de dirhams en 2016, soit une augmentation de 52 milliards de dirhams en une seule année, alors qu’en 2010, soit une année avant l’arrivée du gouvernement Benkirane, la dette était de 384 milliards de dirhams. «La dette extérieure a été réduite au maximum sous le gouvernement d’Alternance », a-t-il affirmé en  soulignant que la situation actuelle met en danger « l’indépendance et la souveraineté du pays ».
Par ailleurs, il a critiqué le blocage du projet de loi-cadre relatif au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique qui s’inscrit dans le cadre de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030.
Il a également rappelé que des négociations marathon ont été engagées au sein de la Chambre des représentants (plus précisément au sein de la commission parlementaire compétente) pour se mettre d’accord sur ce projet. Et effectivement, tous les groupes parlementaires y ont apporté leur soutien, mais le lendemain, le groupe parlementaire du PJD s’est rétracté.  Une réunion aura lieu aujourd’hui (lundi 18 février) au sein de la commission spécialisée au sein de la Chambre des représentants pour le réexaminer.
Pour Mohamed Mouhib, le Groupe socialiste à la Chambre des représentants était le seul à avoir  une position claire et à défendre une thèse cohérente en ce qui concerne la gratuité et l’enseignement des langues ». Selon lui, le parti de la Rose et ses groupes parlementaires défendent mordicus la gratuité et l’enseignement des langues étrangères aux côtés des deux langues officielles que sont l’arabe et l’amazigh. Cette ouverture aux autres langues permettra, selon lui, de garantir l’égalité des chances entre tous les Marocains.
Il a également évoqué la crise qui se poursuit au sein de la majorité gouvernementale vu que le chef du gouvernement n’a pu réunir les chefs des partis qui la composent. Selon lui, ce dernier avait présenté aux partis de la majorité un projet concernant le nouveau modèle de développement et il leur avait demandé de formuler leurs points de vue et leurs amendements le concernant. « Cette démarche est inacceptable », a martelé ce membre du Bureau politique de l’USFP.
La participation du parti de la Rose au gouvernement actuel a été « une décision politique » et « non pas une décision concernant la gestion », a-t-il affirmé en rappelant les manœuvres de l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, qui avait fait des des mains et des pieds pour que l’USFP ne fasse pas partie de la majorité gouvernementale actuelle.  Mais en fin de compte, toutes ses tentatives ont échoué.
Concernant les dernières déclarations de ce dernier à propos de sa retraite exceptionnelle, Mohamed Mouhib a précisé qu’il veut induire en erreur l’opinion publique, assurant que tous les parlementaires du PJD qui sont par la suite devenus ministres ont bénéficié de la pension de retraite des parlementaires comme ce fut le cas pour Benkirane lui-même.
Il a également annoncé que le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, n’a jamais bénéficié de la pension de retraite des parlementaires, ni de la pension de retraite des ministres, car « il ne l’a pas demandée ». «Pour cela, le Premier secrétaire de l’USFP se trouve dans une position forte et irréprochable. Ce sont eux (les membres du PJD) qui sont dans une position difficile, car ils perçoivent deux pensions », a-t-il martelé en rappelant que le projet de loi relatif aux retraites des parlementaires écarte tout cumul des pensions.
Il convient de rappeler que Driss Lachguar avait critiqué récemment dans un entretien avec France 24, l’attitude d’Abdelilah Benkirane. « Comment un ancien chef de gouvernement peut-il conserver sa retraite de parlementaire alors qu’il l’a refusée aux autres députés? J’étais surpris de voir l’ex-chef du gouvernement continuer à percevoir sa pension de retraite de parlementaire jusqu’au mois de septembre 2017 », avait-il souligné avant de d’ajouter : « Quand il était chef de gouvernement, Abdelillah Benkirane se permettait de la percevoir alors qu’il en privait les autres députés pour contribuer au sauvetage de leur caisse qui a connu des dysfonctionnements. Alors que ce sont le chef du gouvernement et les ministres, eux-mêmes, qui devaient s’en passer en premier ».

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