Refondation de la gauche : Une nécessité nationale

Refondation de la gauche : Une nécessité nationale

Par Ahmed Charaï

La perspective d’une bipolarisation de la vie politique aura vécu. Ce à quoi nous assistons c’est une désertification de la scène, au détriment de la crédibilité des institutions représentatives surtout chez les jeunes. Mais les vraies forces vives de la Nation, ont toujours eu un instinct de survie, largement renforcé par leur lien avec la Patrie, avec la Monarchie.

L’on apprend que l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) a entamé un projet de réconciliation et de refondation, avec des réunions un peu partout visant à reconstruire la gauche.

L’USFP est un parti prégnant de la vie politique et il le reste. Même dans l’opposition féroce et les années de plomb, sur les questions essentielles, ses dirigeants n’ont jamais failli à l’obligation de défendre les intérêts suprêmes de la Nation.

Alors qu’une grande partie de ses cadres étaient emprisonnés, le grand leader Abderrahim Bouabid a été, avec Allal El Fassi, le premier à se mobiliser pour défendre la marocanité du Sahara et à accepter un rôle d’ambassadeur itinérant.

Plus proche de nous, l’alternance consensuelle a été un moment important dans la construction du Maroc contemporain. Abderahman Youssoufi a été un véritable homme d’État, il a accompli sa mission. Au final, l’Ittihad a toujours été avec la Monarchie, lorsque le Maroc traversait des zones de tempête et l’histoire le lui reconnait déjà.

Mais la gauche en général et l’USFP en particulier, c’est d’abord un ancrage sociétal extraordinaire. Les organisations syndicales et professionnelles ont toujours été dirigées par ce parti : Les ingénieurs, les étudiants avec l’UNEM, les enseignants, les avocats, l’union des écrivains, mais aussi les associations de jeunesse.

Ce socle social n’a pas disparu. Les idées de justice sociale et de modernité sont omniprésentes dans la société. L’expression politique est moins claire, parce que l’environnement a été pollué et que des erreurs ont été commises.

L’USFP veut faire de son prochain congrès celui de la refondation et de l’ouverture. Recréer un projet attractif pour les jeunes passe par l’ouverture, le dialogue, avec les autres sensibilités de gauche, au-delà de tout calcul politicien.

Au moment où le populisme gagne partout du terrain, où les problématiques socioéconomiques menacent tous les équilibres, une gauche patriote, solidaire est nécessaire pour l’avenir du Maroc. La démarche actuelle est intéressante et mérite qu’on la soutienne, en espérant qu’elle tienne ses promesses et surtout qu’elle incite toutes les sensibilités à aller vers la revitalisation de la politique par les valeurs.

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