Tenue ce jeudi à Rabat d’un Sommet des présidents des Parlements arabes

Tenue ce jeudi à Rabat d’un Sommet des présidents des Parlements arabes

Habib El Malki : La décision de Trump porte un coup fatal à tout espoir de paix au Proche-Orient

« Nous au Parlement du Royaume du Maroc, nous rejetons la décision déraisonnable qui méconnaît l’histoire, fait fi des lois et de la légalité internationale et qui complique énormément la situation ». Le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, n’y est pas allé de main morte lors de la séance parlementaire commune tenue lundi suite à la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaître  Al-Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer le siège de son  ambassade.
Lors de la guerre des Six jours en 1967, Israël s’est emparé de Jérusalem-Est qui était auparavant sous contrôle jordanien et a déclaré que la ville entière était sa capitale éternelle indivisible en 1980, une démarche jamais reconnue par la communauté internationale. En 1995, le Congrès américain a autorisé le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Al-Qods et tous les ex-présidents, de Bush à Obama, ont promis de mettre en application cette décision, mais ils ne l’ont pas fait.
« Pratiquement, nous sommes devant une décision illégitime, dépourvue de tout fondement logique, juridique ou moral. De plus, cette décision américaine donne le feu vert aux responsables israéliens pour pratiquer la loi de la jungle », a précisé Habib El Malki dans son allocution prononcée au début de cette séance à laquelle a assisté une délégation palestinienne présidée par l’ambassadeur de la Palestine à Rabat, Jamal Choubki.
« Il ne s’agit pas ici d’une décision diplomatique souveraine des Etats-Unis d’Amérique, mais d’une décision unilatérale qui porte atteinte à la cause palestinienne, aux droits des Palestiniens et aux droits religieux et spirituels des musulmans et des chrétiens et à leurs lieux sacrés dans Al-Qods Al Charif », a-t-il martelé durant cette séance co-présidée avec le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchemass. « C’est une décision dépourvue de sagesse, de sérieux, de responsabilité et de sens politique et diplomatique», a-t-il ajouté.
Mais ce qui est étrange, pour Habib El Malki c’est que « cette décision coïncide (mais quelle coïncidence ?) avec le centenaire de la malencontreuse Déclaration Balfour et intervient à une semaine de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, ce qui laisse présupposer qu’elle sous-estime l’ONU et foule du pied sa charte et ses décisions ainsi que le droit et la légalité internationaux ».
Pour le président de la Chambre des représentants, cette décision porte aussi un coup fatal à tout espoir de paix au Proche-Orient et au rôle que les Etats-Unis jouaient en tant que garants du processus de paix entre les Palestiniens et les israéliens.
Habib El Malki a, par ailleurs, salué le message que S.M le Roi Mohammed VI a adressé, en sa qualité de président du Comité Al-Qods, au président des Etats-Unis et dans lequel le Souverain a exprimé «sa profonde préoccupation et condamne fermement la décision des Etats-Unis de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et de transférer leur ambassade à la ville sainte».
Le président de la Chambre des représentants a également annoncé qu’un sommet des présidents des Parlements arabes  aura lieu ce jeudi au siège du Parlement marocain pour débattre de cette nouvelle donne.
Pour sa part, le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchemass, a vivement critiqué la décision de Donald Trump, considérant que celle-ci est comparable à la déplorable Déclaration Balfour de 1917. Laquelle décision aura,  selon lui, des conséquences néfastes sur la stabilité et la sécurité au Proche-Orient et dans le monde entier.
Dans leurs interventions, les groupes parlementaires ont critiqué, à l’unisson, la décision américaine qui  met en danger la paix dans la région du Moyen-Orient et la solution des deux Etats qui induit la création d’un Etat palestinien souverain avec Al-Qods comme capitale.
Ils ont également demandé que l’une des salles de la Chambre des représentants porte le nom d’Al-Qods, tout en mettant en avant les réalisations de l’Agence Bayt Mal Al-Qods.

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