USFP : Pourquoi la réconciliation ?

USFP : Pourquoi la réconciliation ?

L’USFP organisera le 29 de ce mois au Théâtre Mohammed V à Rabat les festivités commémorant le 60ème anniversaire de l’Union nationale/Union socialiste des forces populaires (1959). Une manifestation qui revêt une forte charge symbolique pour l’ensemble des Ittihadis et qui reflète une volonté politique aspirant à lancer une dynamique de renaissance renouvelée : une dynamique de renouveau et de réouverture. 
1- La signification de la célébration du 60ème anniversaire du parti va dans le sens de l’étroite liaison entre l’anniversaire de la naissance de l’USFP et la mémoire de son militantisme tout au long de six décennies. 
– La tenue de la réunion des Universités unies du parti de l’Istiqlal en janvier 1959, puis la constitution de l’Union nationale des forces populaires en septembre de la même année ont été une annonce retentissante de l’adhésion des forces populaires du pays dans un projet sociétal, moderniste et progressiste qui répond aux exigences de la nouvelle étape qu’avait abordée notre pays. L’étape de la consolidation de l’indépendance et la mise en place des fondamentaux du développement, tout en étant en harmonie avec les dispositions de la modernité et les exigences du progrès économique et social escompté. 
– Tout au long de la phase constitutive (1959-1963), la mémoire militante de l’Ittihad a été marquée par des épopées dont la plus notoire a été le bilan du gouvernement progressiste présidé par feu Moulay Abdellah Ibrahim, et auquel a participé le ministre de l’Economie et des Finances, feu Abderrahim Bouabid. 
– L’expérience de ce gouvernement a constitué une phase riche en réalisations économiques, sociales, financières et monétaires, ce qui a permis au Maroc de consolider son indépendance politique, et ce en libérant son économie et ses finances de la dépendance vis-à-vis de l’Etat colonisateur,  d’une part, et en instaurant une stratégie prometteuse de développement national autonome, via des réformes structurelles, institutionnelles, agraires et éducatives d’autre part. 
– L’histoire militante du parti a été rehaussée par la résistance et les sacrifices consentis par les Ittihadis au cours de l’étape suivante (1963-1974), pour défendre des revendications ayant trait à la démocratie, aux droits de l’Homme et à la justice sociale. 
Face aux divergences et déchirements qu’a connus le mouvement ittihadi liés à la conjoncture d’après juillet 1963 d’une part, et aux changements politiques et développements géostratégiques ayant caractérisé la situation nationale, à commencer par la bataille de libération du Sahara marocain d’autre part, l’USFP n’a pas hésité à franchir une nouvelle étape dans son parcours militant : l’étape de la reconstitution ittihadie (janvier 1975), en réponse aux exigences d’une nouvelle étape historique dans le cadre d’une stratégie de militantisme démocratique, comme l’avait adoptée le Congrès national exceptionnel. 
– Lors de cette étape cruciale, la mémoire militante de l’USFP a connu des épopées de militantisme national en faveur de l’intégrité territoriale, de la réforme constitutionnelle et du redressement du processus démocratique. 
Pour la concrétisation de ses objectifs nationaux vitaux qui reflètent les principes et les valeurs encadrant le militantisme de l’USFP, le parti n’a pas hésité à assumer pleinement ses responsabilités, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des instances gouvernementales, particulièrement lors de la nouvelle ère prometteuse que connaît le Maroc sous la conduite éclairée de S.M le Roi Mohammed VI.   
2- La commémoration du 60ème anniversaire de l’USFP reflète une forte volonté politique visant à œuvrer avec détermination au lancement d’une nouvelle dynamique qui répond aux exigences des profonds changements sociétaux que connaît notre pays aujourd’hui. Cette nouvelle étape, l’étape de la résurrection et de l’ouverture, traduit l’interaction positive et constructive entre l’orientation militante ancrée du parti et les exigences du redressement de la situation nationale  aux niveaux politique et social. 
– L’importante initiative lancée, il y a quelques semaines, par le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, s’inscrit dans ce contexte. Elle consiste à appeler à une réconciliation globale et constructive inspirée par l’esprit et les valeurs du militantisme ittihadi, d’une part, et qui permet d’autre part de scruter l’horizon de la transformation politique souhaitée dans un Maroc de démocratie, de développement, de modernité et de progrès.    
– De ce fait, le devoir de respect et de fidélité aux principes et aux valeurs nobles qui ont  fondé la création de «l’Union nationale/ l’Union socialiste des forces populaires», tracé son parcours politique et établi sa ligne militantiste  dans les différentes étapes exige que les Ittihadi(e)s s’unissent de nouveau sur la base des mêmes principes et valeurs qui ont fait de leur parti un formidable exemple de fidélité et d’engagement envers les causes du peuple et de la nation, quel que soit le coût du sacrifice et de l’altruisme. 
– Il va sans dire que le fait de parvenir à une réconciliation ittihadie consiste à tourner la page des différends conjoncturels qui relèvent désormais du passé et à briser les barrières psychologiques qui ont jusqu’à présent empêché  la réintégration de nombreux cadres  et militants dans leur parti. L’initiative de réconciliation s’inscrit sans aucun doute dans le cadre du renforcement de la dynamique d’ouverture et d’intégration des catégories et potentialités vives de la société, notamment les cadres professionnels, les intellectuels, les jeunes, et les mouvements sociaux, ouvriers, de femmes,  et d’étudiants, etc. 
Loin de toute polémique  et des attitudes nihilistes qui ressassent la thèse du déclin de la gauche en tant que choix progressiste lié aux revendications des larges couches sociales et à leurs aspirations à la démocratie, au développement et à la justice sociale, le problème de la gauche réside principalement dans la crise des militants de la gauche eux-mêmes qui ont été isolés de la dynamique collective et ont réduit l’affiliation à la gauche au simple fait d’entonner des slogans et de prononcer des jugements gauchistes, au lieu de faire avancer leur projet sociétal de la gauche avec toutes ses composantes intellectuelles et militantes. 
3 –  Face aux composantes du champ partisan national qui ne remplissent pas leurs obligations constitutionnelles et qui ne s’acquittent pas activement de leurs tâches politiques et militantes, notre pays est aujourd’hui dans l’urgente nécessité d’établir un pôle politique, partisan, moderniste et progressiste capable de  combler le fossé grandissant entre la classe politique partisane, renfermée sur elle-même, et les forces populaires motivées, et puis d’assurer une réponse efficace aux besoins fondamentaux et aux attentes légitimes du peuple, en plus d’explorer un nouvel horizon et d’adopter de nouvelles approches pour l’encadrement politique de la société et la mobilisation de ses forces vives, afin de poursuivre le processus de changement, de modernisation et de développement. 
Dans ce cadre, l’Union socialiste des forces populaires qui a été fondée et s’est développée  dans un environnement militant pour  la consolidation de la démocratie, la réalisation de la justice sociale, l’adoption des moyens de développement global et le renforcement de l’Etat de droit et des institutions, réaffirme sa ferme volonté de renforcer les ponts de communication et les dynamiques d’interaction avec les forces vives du pays, avec lesquelles elle est liée par une charte de cohésion et de militantisme. Et ce dans le but d’élever le pays au plus haut niveau de développement et de progrès en termes de sécurité, de stabilité et de prospérité … 
C’est une grande responsabilité et une noble mission que tou(te)s les Ittihadi(e)s doivent impérativement assumer pour gagner le pari du progrès et de la modernité et pour garantir un avenir radieux aux générations futures.  L’Ambassadeur Mohamed Lakhssassi 
Rabat 19 octobre 2019 
(Traduit par la rédaction de Libération)

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