L’USFP a participé à une conférence-débat virtuelle organisée par le parti travailliste britannique, mercredi 24 novembre dans le cadre de son activité auprès de la fondation Westminster pour la démocratie.

La conférence a été animée par trois députés travaillistes et membres du “cabinet fantôme” au Royaume-Uni. Il s’agit d’Ed Miliband, Matthew Pennycook et Preet Gill.

Ed Miliband (ex-leader du Labour Party) a souligné que la COP26 avait été marquée par une grande injustice envers les pays en voie de développement. Il faisait ainsi référence à l’aide qui était prévue dans le cadre de l’accord de Paris (COP21), un engagement à hauteur de 100 MM $ US qui n’a pas été tenu.

Le député travailliste de Doncaster a, en effet considéré que “les pays développés ont connu une croissance à haute teneur en carbone” et que “les pays en voie de développement en payent le prix aujourd’hui”, précisant que “les 100 milliards étaient censés être un minimum (et n’ont pas été atteints)… Nous aurions dû aller plus loin aujourd’hui et parler d’une réelle compensation sur les pertes et dommages”.

Il a également ajouté que désormais le Royaume-Uni ne devait plus s’engager dans des accords commerciaux avec d’autres pays sans qu’il n’y ait de clause sur le climat.

Ed Miliband, a précisé que malgré une forme de déception, du progrès a été réalisé notamment l’engagement d’émissions “net-zero” de plusieurs pays, qui semblait être une lubie il y a encore quelques années. Il a, par ailleurs, critiqué la position de certains militants climatiques, comme la jeune Greta Thunberg qui avait qualifié les négociations de la COP26 de “ bla, bla, bla”.

Le député de Greenwich, Matthew Pennycook s’est lui penché dans son intervention sur les sujets du charbon et des combustibles fossiles, présents pour la première fois dans le rapport de la COP. Les pays signataires se sont, en effet, engagés à “diminuer”, et non “éliminer” (changement de dernière minute à l’initiative de l’Inde et de la Chine) l’utilisation du charbon dont les émissions ne sont pas neutralisées par des techniques de capture et de stockage, ainsi que le recours aux subventions étatiques en direction des énergies fossiles.

Matthew Pennycook a précisé que ce changement de “wording” (mots) de dernière minute ne devait pas être attribué uniquement à l’Inde (présentée parfois comme le vilain), car il arrangeait en réalité également certaines grandes puissances polluantes, en particulier les Etats-Unis.

La  députée Preet Gill de Birmingham a voulu mettre l’accent sur l’impact disproportionné du changement climatique sur les femmes, notamment dans les pays pauvres touchés par la sécheresse où les jeunes filles sont poussées vers l’abandon scolaire.

Elle a également insisté sur la nécessité d’intégrer une approche genre dans l’ensemble des politiques climatiques et sur l’inclusion de la femme dans des postes de leadership.

En effet, la présence de femmes dans des postes de responsabilités, dans le monde politique ainsi que dans le monde des affaires, a souvent ,selon elle, été synonyme d’une meilleure politique environnementale.

L’USFP  était représenté à cet événement par Fadwa Rajouani (membre de la commission nationale) et Yassine Lachguar (membre de la Jeunesse ittihadie).

Fadwa Rajouani a remarqué qu’il serait improbable que le système capitaliste qui a engendré le réchauffement climatique et en a bénéficié, puisse avoir une quelconque volonté de préserver la planète aujourd’hui, ajoutant que “seules les valeurs sociale-démocrates sont cohérentes avec la pensée écologique”.

Elle a également souligné que d’éventuelles aides futures visant à combattre les effets du changement climatique devraient être accessibles aux hommes comme aux femmes, ces dernières étant le plus souvent en situation de plus grande vulnérabilité.

Yassine Lachguar a, quant à lui, rappelé dans son intervention les efforts déployés par le Royaume du Maroc pour contrer les impacts du changement climatique, notamment l’augmentation de la contribution nationale déterminée (NDC) du Maroc de 42 à 45,5% de réduction des émissions à l’horizon 2030, ainsi que l’augmentation des objectifs du pays en ce qui concerne la part des énergies renouvelable dans le mix énergétique (52% en 2030).
Selon lui, cette COP aura finalement “réalisé plus que prévu, mais bien moins que ce qu’on espérait ».

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