Habib El Malki : Le Royaume a adopté de nombreux mécanismes législatifs visant à accompagner la présence des femmes au sein des instances élues

Le Parlement marocain et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont organisé, mardi à Rabat, une conférence sur le thème « Les femmes en politique : comment progresser vers l’égalité ? ». Organisée dans le cadre du projet « Appui au développement du rôle du Parlement dans la consolidation de la démocratie au Maroc 2020-2023 », la conférence a été ouverte par le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, le président de l’APCE, Rik Daems, l’ambassadrice de l’Union européenne (UE) au Maroc, Claudia Wiedey, le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Driss El Yazami et la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach. Ce conclave a connu la participation de parlementaires marocains, de leurs homologues de la sous-commission sur l’égalité de genre et de la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’APCE, des présidentes des instances féminines au sein des partis politiques représentés au Parlement marocain et des experts internationaux. Les participants ont échangé notamment sur la nécessité d’une participation accrue des femmes à la vie politique et le renforcement de la représentativité féminine au sein des instances élues et dans les postes de décision. S’exprimant à cette occasion, M. El Malki a souligné que le Maroc a adopté de nombreux mécanismes législatifs, dont celui de la discrimination positive, visant à accompagner la présence des femmes au sein des instances élues et, par conséquent, dans les organes exécutifs, étant conscient que le Royaume a accumulé, trois décennies durant, de nombreuses réformes constitutionnelles, institutionnelles et politiques, plaçant la question des femmes et la problématique du genre, des droits des femmes et du partage des responsabilités au sein de la famille au cœur de ses préoccupations. Et d’ajouter que le Maroc a adopté, depuis 2002, des mécanismes législatifs et incitatifs qui ont permis une augmentation progressive du nombre de femmes au sein du Parlement et des instances élues aux niveaux local et régional, faisant observer que cela n’a pas encore atteint la consécration du principe de parité et d’égalité entre les sexes dans la représentativité au sein des instances élues et dans les postes de décision, comme le veut la Constitution de 2011. M. El Malki a, en outre, relevé qu’un groupe de travail thématique sur la parité et l’égalité a été créé il y a des années au niveau de la Chambre des représentants, ajoutant que grâce à ces réformes appliquées aux lois électorales, la présence des femmes au sein du Parlement et des collectivités territoriales, locales, régionales et provinciales sera renforcée. Pour sa part, M. Daems a tenu à féliciter le Parlement marocain pour la progression de la représentativité des femmes en son sein depuis l’adoption du système des quotas en 2002, notant que les partis politiques ont un rôle majeur à jouer dans le combat pour l’égalité. La réalisation de progrès visant une meilleure représentativité des femmes en politique requiert une forte volonté politique, des ressources adéquates, des mécanismes institutionnels et un changement dans les mentalités, a ajouté le responsable européen. De son côté, M. Wiedey a indiqué que « si le nombre de femmes parlementaires élues dans le monde entier est plus élevé que jamais, il n’en reste pas moins que l’égalité reste un objectif lointain ». Citant la dernière édition du rapport de l’Union interparlementaire (UIP), Mme Wiedey a indiqué qu’à la suite des élections tenues en 2020, la proportion de femmes parlementaires dans le monde a atteint un taux record de 25,5%, soit une augmentation de 0,6 point par rapport à 2019, notant que la représentativité féminine est très inégale suivant les pays. « Au Maroc, de nettes avancées ont été possibles à la Chambre des représentants grâce au système de quotas : plus de 20% de députés sont des femmes », a-t-elle relevé, notant que ces dispositifs de discrimination positive et le suivi de cette question sont au cœur de « notre dialogue sectoriel ». S’agissant de la Chambre des conseillers, Mme Wiedey a souligné que le pourcentage des femmes a évolué de 2,2% en 2015 à environ 11% lors des dernières élections, notant qu’il s’agit d’une progression importante mais qui ne reflète pas la participation des femmes au développement économique du pays. Mme Bouayach a, pour sa part, déclaré que la question des femmes, de la politique et de la voie de l’égalité est un sujet d’actualité, d’autant plus que la crise épidémiologique a donné lieu à de multiples répercussions négatives sur les politiques électorales et créé plus d’obstacles qui entravent l’accession des femmes à des postes de responsabilité. Elle a relevé que cette réunion ouvrira des horizons supplémentaires en soulevant la question, dans le cadre de la promotion de l’égalité et de la parité, notant que le Conseil a décidé de lancer un débat public sur « la parité dans le domaine politique » en organisant des rencontres régionales et internationales, depuis début mars 2021. Le CNDH mise sur le développement de la représentativité des femmes dans les différents établissements, en accompagnant le débat public, lors des prochaines élections, autour de l’égalité et de la parité politique aux niveaux local et régional. Pour sa part, le président du CCME, Driss El Yazami, a souligné que plus de la moitié des migrants en Europe sont des femmes, ajoutant que la contribution de la gent féminine à la migration a été largement méconnue. « Il est essentiel de penser à la question de la migration au féminin et d’introduire la dimension genre en permanence dans l’approche et les questions migratoires », a-t-il déclaré.

Libé

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