Ce serait une grave erreur que de chercher à européaniser la crise politique maroco-espagnole qui, de surcroît, n ’ est aucunement dictée par des raisons migratoires ou de droits de l’Homme

L’ Union socialiste des forces populaires à travers ses militantes et militants s’est entretenu avec l’Alliance progressiste dont le Parti socialiste européen, ainsi qu’avec plusieurs députés européens amis.

Des échanges constructifs dont le but est d’expliquer la position du Maroc au sujet de la résolution d’urgence initiée par le groupe libéral « Renew Europe » et spécifiquement le parti espagnol Ciudadanos, sous l’intitulé « Violation de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et utilisation de mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Ceuta ».

Les échanges menés par l’USFP ont mis en lumière les risques que représente une telle résolution sur le partenariat Maroc-UE. L’existence de cette proposition hostile au Maroc prend des allures d’attaque gratuite. Pourtant, les Européens ne devraient pas se laisser dicter leur agenda politique et géostratégique par des partis de droite en perte de vitesse ; partis qui cherchent, par ailleurs, à manipuler l’opinion publique européenne en ressassant les thématiques de la migration et de la sécurité. Il convient de rappeler que le Maroc est de loin le pays le plus stable, le plus prospère et le plus démocratique du Sud de la Méditerranée. D’autant que la situation des enfants et mineurs n’est pas alarmante au point de chercher à provoquer des résolutions de ce type.

Concernant la relation Maroc-UE, il faut savoir que le Maroc supporte un lourd tribut en termes d’efforts de mobilisation de ressources humaines et de coût de surveillance du littoral Nord, s’élevant à environ 350-400 millions d’euros par an. Selon nos informations, l’appui financier de l’UE durant les 20 dernières années n’a couvert que 4% des efforts marocains consentis dans le domaine. De plus, le Royaume accorde une grande importance à la problématique de la migration des mineurs non accompagnés. Il a toujours collaboré étroitement avec ses partenaires, essentiellement européens, dans le cadre d’une coopération basée sur la prévention, la protection et le retour concerté des mineurs, dans le respect de ses engagements internationaux.

En outre, Sa Majesté le Roi a réitéré, le 1er juin 2021, l’engagement clair et ferme du Royaume à accepter le retour des mineurs non accompagnés dûment identifiés. Comme l’attestent les mécanismes de coopération qui ont été mis en place à cet effet avec certains pays, notamment la France et l’Espagne. Mécanismes qui ont abouti au retour de plusieurs dizaines de mineurs. Pour ce qui est des lenteurs constatées dans la concrétisation de cette coopération, ils sont essentiellement liées à des blocages dus aux procédures complexes de certains pays européens.

Le Maroc n’a donc eu de cesse de réitérer son souhait de collaborer, comme il l’a toujours fait, avec les pays européens et l’UE, pour le règlement de cette question. En ce sens, le Royaume espère que l’UE et les pays concernés sauront dépasser les contraintes procédurales pour faciliter cette opération, car les tragédies humaines ne peuvent faire l’objet de surenchère politique. L’initiative portée par certaines parties de la résolution d’urgence intitulée « Violation de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et utilisation de mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Ceuta », intervient dans le contexte de tension entre le Maroc et l’Espagne, qui cherche à «européaniser» la crise politique bilatérale en exploitant la question de la migration.

Une éventuelle résolution constituerait un déni de l’acquis commun enregistré par les relations Maroc-UE et une contradiction avec les prises de positions de hauts responsables européens et des autres institutions, qui considèrent le Maroc comme un partenaire essentiel dans le domaine de la gestion des questions migratoires, en particulier.


Lettre de Driss Lachguar à Iratxe García Pérez

Présidente du Groupe socialiste et démocrate – Europal

« Chère camarade,

Nous avons appris qu’une résolution d’urgence a été initiée par Renew Europe sur la « Violation de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et l’utilisation de mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Ceuta ».

Vous savez sûrement que c’est le parti espagnol Ciudadanos qui a initié cette résolution de projet. Compte tenu des crises diplomatiques entre le Maroc et l’Espagne, ce serait une grave erreur d’«européaniser » une crise politique bilatérale qui n’a pas de racines migratoires ni de droits humains.
Une telle résolution sera totalement contreproductive car elle contrariera sûrement un allié de longue date sur des questions clés et pourrait nuire au partenariat Maroc-UE.

Le Maroc n’est pas seulement un voisin de l’UE. Dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV), le Maroc a toujours été salué pour ses initiatives pionnières, qui n’ont pas manqué d’inspirer tout le voisinage de l’Union. Il a été le premier pays à obtenir le statut avancé, à signer un accord de coopération scientifique et technique, un accord à ciel ouvert, un accord Galileo, un accord de coopération en matière de système civil mondial de navigation par satellite (GNSS), à mettre en place des sous- comités et groupes de travail, dont un traitant des « Droits de l’Homme, de la démocratisation et de la bonne gouvernance », entre autres.

Par ailleurs, l’UE et le Maroc, identifiés par la déclaration politique commune de 2019 comme l’un des piliers fondamentaux de la stabilité dans l’espace méditerranéen, sont appelés à faire face à de multiples défis communs : santé, climat, sécurité, numérique, migration, etc. La préservation de cette relation est fondamentale pour l’avenir des deux rives de la Méditerranée.

En tant que socialistes et démocrates, nous ne devons pas laisser les partis de droite dicter leur agenda en imposant systématiquement de catalyser le débat politique sur les migrations et la sécurité.

Le Maroc est de loin le pays le plus sûr, le plus progressiste et le plus avancé dans le processus démocratique du sud de la Méditerranée. Vous avez sans doute entendu parler de la généralisation de la couverture santé initiée cette année et du lancement du projet de protection sociale universelle (retraite, allocations familiales et indemnités de perte d’emploi) que le Maroc envisage de finaliser d’ici 3 ans. Aussi, la nouvelle Stratégie nationale de développement qui a été présentée au Roi du Maroc la semaine dernière instituera de réels changements vers un Etat providence et protecteur mais aussi un Etat respectueux des droits et libertés publics et individuels, notamment en ce qui concerne les droits des femmes.

Ainsi, nous souhaitons que nos camarades jouent un rôle de facilitateur dans la gestion de la crise actuelle entre le Maroc et l’Espagne et que nous puissions travailler ensemble pour renforcer le partenariat UE-Maroc au lieu de le fragiliser. De notre point de vue, la première étape serait donc de voter contre cette résolution.

Chère camarade, nous sommes convaincus que nos arguments seront entendus par les parlementaires S&D, et nous restons à votre disposition pour de plus amples informations.

Bien Cordialement,
Driss Lachguar
Premier secrétaire de l’USFP
 »

 

Libé

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