L’Union socialiste des forces populaires a magistralement donné, jeudi à Rabat, le ton des prochaines échéances législatives. Devant un parterre de journalistes, de figures intellectuelles et de militants dévoués, le Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar, a dévoilé la quintessence d’un programme électoral audacieux. Loin des promesses éphémères qui jalonnent souvent les campagnes, la formation de la Rose propose un véritable pacte politique, une vision holistique où la croissance économique est indissociable de la justice sociale et spatiale. Cette rencontre marque l’engagement indéfectible de l’USFP à transformer ses diagnostics rigoureux en politiques publiques tangibles, répondant avec acuité aux aspirations profondes de la société marocaine.
Le discours fédérateur de Driss Lachguar
Prenant la parole à cette occasion, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a posé les fondations idéologiques d’un engagement sans concession. D’emblée, il a tenu à réaffirmer l’ancrage patriotique indéfectible du parti, rappelant que l’USFP s’inscrit pleinement dans la réussite des grands chantiers stratégiques impulsés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Pour le leader socialiste, le débat démocratique et la divergence sur la gestion des politiques gouvernementales ne sauraient en aucun cas affaiblir les finalités nationales communes.
Poursuivant son allocution d’une voix ferme, Driss Lachguar a dressé un bilan sans complaisance des dynamiques socio-économiques du pays. Tout en saluant les acquis remarquables en matière d’infrastructures et la préservation de certains équilibres macroéconomiques, il a pointé avec sévérité la persistance de criantes asymétries :
«Les fruits du progrès n’ont bénéficié ni à tous avec la même ampleur, ni à tous avec la même célérité. La question centrale que nous devons poser aujourd’hui n’est pas uniquement de savoir combien de points de croissance le Maroc réalise, mais bien qui tire profit de cette croissance et qui se retrouve relégué à sa périphérie. L’USFP refuse de mesurer l’efficacité de l’action gouvernementale à l’aune des indices théoriques ou des bilans auto-satisfaisants publiés dans les bulletins officiels. Notre seul baromètre de réussite sera ce qui parvient concrètement dans la poche du citoyen et préserve son pouvoir d’achat. »
Le Premier secrétaire a longuement développé l’exigence d’une stricte séparation entre la gestion de la chose publique et les intérêts économiques privés, plaidant pour une moralisation intransigeante de la vie politique. Abordant l’horizon de la Coupe du Monde 2030, il a appelé à ce que cet événement mondial ne soit point traité comme une parenthèse festive, mais comme un accélérateur pérenne d’infrastructures locales dont les retombées devront profiter directement aux populations les plus défavorisées. Concluant sur la nature du mandat recherché, Driss Lachguar a rappelé avec force que le parti ne sollicite nullement un chèque en blanc de la part des électeurs, mais propose un contrat politique transparent, balisé par des engagements mesurables, auditables et soumis au contrôle citoyen.
La transparence comme condition fondamentale

Succédant au Premier secrétaire, Kamal Hachoumi a exposé avec clarté la vision institutionnelle de l’USFP, bâtie autour du concept de «Contrat démocratique». Selon le responsable ittihadi, la refonte de l’appareil administratif et la lutte résolue contre la corruption constituent les piliers inaliénables de toute justice sociale effective. Kamal Hachoumi a notamment insisté sur la nécessité de réconcilier le citoyen avec ses institutions par le biais d’une redevabilité publique permanente :
«Annoncer un grand projet gouvernemental ou voter une ligne budgétaire ne suffit plus à susciter l’adhésion civique. Le citoyen exige et mérite de savoir précisément ce qui a été accompli, dans quel délai rigoureux, à quel coût réel pour les deniers publics, et quel impact mesurable cela a produit sur son existence quotidienne. »
Dans sa démonstration, il a également souligné que la culture et la consécration effective de la langue amazighe ne doivent plus être envisagées comme des éléments secondaires ou ornementaux, mais comme des composantes indissociables de la souveraineté culturelle et de l’édification d’une société moderne, plurielle et réconciliée avec toutes les dimensions de son identité.
Réformer l’impôt et briser les privilèges
La tribune a ensuite accueilli l’intervention remarquée de Khaoula Lachguar, qui a porté le volet macroéconomique et financier du programme avec une approche méthodique et incisive. S’attaquant au cœur des disparités qui minent la cohésion nationale, elle a posé la question essentielle que tout État stratège doit formuler : qui paie réellement l’impôt au Maroc, et où s’en va la richesse publique ?

Dénonçant une injustice fiscale manifeste où la charge contributive pèse de manière excessive sur les salariés et la consommation des classes moyennes, Khaoula Lachguar a détaillé les leviers de rééquilibrage conçus par le parti. Elle a formellement engagé l’USFP sur une réduction directe de 10% de la pression fiscale pesant sur les revenus du travail, une mesure d’oxygène immédiate pour les ménages.
Pour compenser ce manque à gagner et assainir les finances de l’État, le parti prévoit la mobilisation de recettes additionnelles représentant 5% de l’assiette actuelle, principalement par l’élargissement de l’assiette contributive et la traque des niches improductives. Khaoula Lachguar a été particulièrement intraitable sur le dossier des exonérations :
«Les incitations et dérogations fiscales accordées par l’État ne peuvent plus demeurer des rentes acquises ou des privilèges éternels. L’USFP instaurera une évaluation annuelle, publique et rigoureuse de chaque niche fiscale, en publiant son coût exact pour la collectivité, la liste de ses bénéficiaires et les résultats tangibles obtenus en contrepartie sur le plan des investissements et de l’emploi. »
Du mirage de l’incitation à l’intégration réelle
Le traitement de l’urgence sociale a trouvé son prolongement naturel dans le plaidoyer dynamique porté par Ali Ghenbouri sur les dossiers de la jeunesse, de l’émancipation féminine et de l’emploi. Dressant le constat de l’essoufflement des politiques traditionnelles d’aide passive, l’orateur a posé une rupture doctrinale majeure : le passage obligé de la logique de simple incitation à l’obligation d’intégration effective.

Dans la vision défendue par Ali Ghenbouri, aucun denier public, aucune subvention et aucune facilité étatique ne devront désormais être concédés au secteur privé sans une contrepartie directe, chiffrée et vérifiable en termes de création d’emplois stables. Le programme électoral fixe à cet égard des cibles sans ambiguïté : ramener le taux de chômage global sous la barre des 8%, réduire le chômage des jeunes à moins de 10% et celui des femmes à moins de 15%.
Soulignant l’anomalie économique et démocratique qui voit quatre femmes sur cinq en âge de travailler se trouver exclues du marché de l’emploi, Ali Ghenbouri a affirmé avec force que l’USFP entend porter la participation active des femmes dans l’économie nationale à plus de trente pour cent, érigeant l’indépendance financière des citoyennes en levier absolu d’émancipation et de justice.
La dette sacrée envers les seniors
Le volet social s’est conclu avec la présentation pragmatique de Mohamed Moufid, dédiée aux retraités et aux personnes âgées. Rejetant catégoriquement le discours technocratique qui tend à assimiler les aînés à un simple coût budgétaire ou à un passif pour la protection sociale, il a martelé que nos aînés sont des créanciers légitimes envers la collectivité nationale.

Pour matérialiser cette reconnaissance, Mohamed Moufid a dévoilé la création de la «Carte Al Wafaa», un mécanisme étatique octroyant aux personnes âgées un accès prioritaire et subventionné aux soins médicaux, au transport et à divers services publics fondamentaux.
Sur le front des pensions, l’engagement de l’USFP est tout aussi clair : aucun retraité au Maroc ne devra percevoir un revenu inférieur au salaire minimum légal. De surcroît, le parti propose d’indexer systématiquement le montant des pensions sur l’évolution du coût de la vie et l’inflation réelle, tout en exigeant une réforme courageuse et immédiate des régimes de retraite afin d’éviter que le coût de l’inaction ne soit reporté sur les générations futures.
À travers ce déploiement cohérent où chaque responsable a détaillé les composantes d’un édifice commun, l’USFP ne s’est pas contentée d’exposer un programme électoral conventionnel. Le parti a affirmé une vision politique d’Etat, prouvant que la social-démocratie marocaine possède à la fois la lucidité du diagnostic, l’audace de l’ambition et la précision technique indispensables pour redonner au citoyen le sentiment de sa pleine souveraineté.
L’intégralité des 20 engagements cardinaux de l’USFP se trouve ainsi exposée dans les pages 2 et 3 de la présente édition. Les futures parutions consacreront par ailleurs une série d’analyses approfondies et exhaustives à chacun de ces axes, afin d’en éclairer les mécanismes de mise en œuvre, les arbitrages financiers et la portée transformatrice pour l’avenir du pays.

Visitors comments ( 0 )