L’USFP s’inscrit en faux contre l’idée véhiculée par certains qui prétendent que le nouveau quotient électoral favorise la balkanisation du champ politique

L’USFP reste ouvert à la gauche, aux partis du mouvement national, ainsi qu ‘aux vrais libéraux attachés aux principes de liberté, d’égalité et de démocratie.

Le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a été l’invité, jeudi, du Forum de la MAP qui s’est tenu sous le thème «L’USFP, quels préparatifs pour les échéances de 2021». Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les différentes questions politiques et partisanes d’actualité à l’horizon de la tenue des élections.

Lors de cette rencontre, qui a eu lieu au siège de la MAP à Rabat, le Premier secrétaire a tout d’abord livré une analyse pertinente sur la gestion de la pandémie dans notre pays et ses répercussions économiques et sociales, soulignant au passage les efforts énormes consentis par l’Etat pour faire face à cette crise sanitaire sans précédent. Il a notamment tenu à rappeler que «c’est grâce à la clairvoyance de S.M le Roi et à sa vision proactive que le Royaume a pris une série de mesures préventives et proactives pour contenir la propagation de l’épidémie».

Abordant l’apport de l’USFP en matière de lutte contre la pandémie, le dirigeant socialiste a indiqué que le parti a tenu à y participer activement, que ce soit à travers le Groupe socialiste à la Chambre des représentants ou à travers des suggestions et propositions à son président. Il a également précisé qu’il a, lui-même, publié une plateforme où il évoque notamment les difficultés auxquelles le pays sera confronté dans l’ère post-pandémie. A cet égard, Driss Lachguar a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne le ralentissement de l’économie nationale et une éventuelle diminution dans le recrutement de la main-d’œuvre marocaine. «Nous devons travailler sur une approche qui nous permettra d’assurer la paix sociale entre toutes les composantes de la société pour réussir dans notre lutte contre la pandémie », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : «Nous considérons qu’il faut également ouvrir un dialogue avec les syndicats et les impliquer dans les décisions et les actions qui seront prises afin de pouvoir concrétiser la paix sociale».

Concernant les ambitions de l’USFP pour les prochaines échéances électorales, Driss Lachguar  a notamment expliqué que «chaque parti qui n’a pas d’ambition doit se retirer complètement de la course et tout parti qui prétend pratiquer la politique doit également se retirer s’il s’avère que son programme électoral n’inclut pas l’accès à la participation à la gestion de la chose publique». «Par conséquent, explique le Premier secrétaire, notre ambition est plus grande que de viser le haut du podium». Il a, dans ce sens, rappelé que «tous les Ittihadis ont exprimé leur optimisme quant à l’avenir de leur parti».

Il a, par ailleurs, affirmé que l’USFP abordera les prochaines échéances en front uni et fort, soulignant que devant une situation complexe, il y a également les attentes et les besoins urgents des citoyens. Il a, dans ce sens, souligné que  «l’important pour un parti, c’est d’être toujours présent au sein de la société et de ses organisations et non le nombre de sièges remportés».

Le leader ittihadi a également mis l’accent sur le dynamisme que l’USFP connaît à tous les niveaux national, régional et local, soulignant que les Ittihadis travaillent d’arrache-pied pour gagner le pari des prochaines échéances électorales, en vue de mettre en œuvre un modèle de développement répondant aux aspirations de la population au niveau local et régional. Il a à cet égard affirmé que «compte tenu des efforts consentis, l’USFP mérite amplement d’être parmi les trois premiers partis à l’issue des prochaines élections». Parce que, selon lui, «seuls le travail sérieux, la persévérance, en plus du choix de l’électeur le jour du scrutin détermineront les partis qui seront représentés au sein de la Chambre des représentants». «Nous avons conclu que la structure organisationnelle du parti est prête pour les prochaines échéances et que nous pouvons participer aux élections à partir de demain avec des candidats de premier plan».

Compte tenu des efforts consentis, notre parti mérite amplement de compter parmi les trois premiers à l’issue des prochaines élections

Evoquant le programme électoral de l’USFP, le Premier secrétaire a précisé que «l’USFP a toujours fait de la dimension sociale un axe fondamental de son action politique et a toujours estimé que la mise en place d’une protection sociale totale pour les Marocains était un objectif à atteindre à long terme, étant donné le manque de ressources et de moyens».  «La crise sanitaire, poursuit-il, a poussé les leaders politiques à revoir leurs modèles de société et à se rendre compte de la nécessité de mettre en place une protection sociale pour tous les citoyens alors même que certaines formations politiques appelaient au désengagement de l’Etat et à la privatisation des secteurs sociaux de l’éducation et de la santé et à la réduction de l’intervention de l’Etat dans ces secteurs». Le dirigeant ittihadi a tenu également à rappeler que «le programme de l’USFP repose sur le référentiel social-démocrate, les résolutions des congrès et les documents de référence, en plus de son mémorandum sur le nouveau modèle de développement, ainsi que celui sur la réforme fiscale», a-t-il ajouté, affirmant que ce programme plaide pour un modèle économique alternatif et un système culturel moderniste.

La structure organisationnelle du parti est fin prête pour les prochaines échéances

Par ailleurs, Driss Lachguar a affirmé qu’il y a un consensus sur plus de 70 circonscriptions électorales locales et que le bureau politique du parti tiendra des réunions la semaine prochaine pour les dévoiler, soulignant que la Commission chargée de l’élaboration du programme électoral du parti tiendra également la semaine prochaine, une réunion avec le Bureau politique afin d’approuver ce programme.

Répondant à une question concernant le gouvernement d’union nationale, Driss Lachguar a souligné que son appel à la constitution d’un tel gouvernement intervenait dans un contexte marqué par la propagation du coronavirus. «Ma proposition concernant la constitution d’un gouvernement d’union nationale n’était pas une fin en soi, mais elle était juste un moyen parmi d’autres de renforcer notre immunité et notre capacité à faire face à la pandémie», a-t-il expliqué. «J’ai proposé une idée qui vise le long terme dans le cas où les choses deviendraient compliquées ou s’il s’avérait qu’il est plus difficile de faire face à la pandémie.

A ce moment, on pourrait former un gouvernement d’union nationale. Je l’ai donc proposé pour l’avenir et non pas pour l’appliquer hic et nunc», a tenu à clarifier le dirigeant du parti de la Rose.
Et d’ajouter : «Mais aujord’hui, comme dans de nombreux pays, j’estime que nous sommes capables d’organiser les élections sans aucun problème».

Evoquant la question de la réunification de la famille de gauche, le leader de l’USFP a rappelé qu’il a toujours tenu à travailler dessus mais s’est malheureusement retrouvé à maintes reprises face à des situations confuses. «En tant que premier parti de la gauche, nous avons déployé de grands efforts et nous sommes allés au-delà de notre amour-propre pour discuter en toute modestie avec les autres partis de la gauche mais nos initiatives n’ont jamais pu aboutir», a-t-il martelé. Il a néanmoins indiqué que «le parti reste ouvert à la gauche, aux partis du mouvement national, ainsi qu’aux vrais libéraux attachés aux principes de liberté, d’égalité et de démocratie».

S’agissant du débat suscité par les lois électorales et notamment le mode de scrutin et du quotient électoral, Driss Lachguar a réfuté l’idée véhiculée par ceux qui s’opposaient au quotient électoral adopté par le Parlement et validé par la Cour constitutionnelle sous prétexte qu’il conduit à la balkanisation du champ politique, passant en revue certaines réformes que le système électoral a connues, notamment la substitution de la liste nationale par une liste régionale afin de renforcer la présence des femmes, «qui constituent la moitié de la société», dans les Conseils élus.

«La réforme du système électoral ne réside pas dans le seuil et le quotient électoral mais concerne des réformes substantielles, dont l’ultime dessein est d’encourager la participation politique et de lutter contre la désaffection électorale», a-t-il précisé.
En revanche, le Premier secrétaire de l’USFP a relevé que «certaines réformes ne se sont pas concrétisées comme celle portant sur les lois relatives aux élections des salariés et employés, ainsi que celle liée aux lois des Chambres professionnelles et au mode de scrutin».

L’USFP a toujours fait de la dimension sociale un axe fondamental de son action politique

Il a dans ce sens assuré que chaque nation a ses propres lois et son propre système électoral, ajoutant que l’USFP s’est inscrit en faux contre l’idée véhiculée par certains qui prétendent que le nouveau quotient électoral favorise la balkanisation du champ politique.
Il a considéré que le nombre de sièges à pourvoir devrait être partagé en fonction du nombre de voix recueillies, afin de consacrer le pluralisme et la justice électorale, soulignant que l’USFP tient toujours à rechercher le consensus avec les autres partis politiques sur toutes les questions, et cela découle de sa profonde conviction de l’importance de l’action institutionnelle basée sur le principe du consensus.

 

Mehdi Ouassat

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