Quelques jours avant les échéances électorales 2021, les partis politiques s’appuient sur leurs programmes électoraux afin de convaincre le plus grand nombre possible d’électeurs de voter pour eux. L’enjeu du prochain quinquennat étant de relancer l’économie nationale et d’implémenter les grands chantiers de réforme sociale, les partis se précipitent à présenter des programmes pouvant répondre aux attentes des électeurs. Relance économique, réforme des systèmes de l’éducation et de la santé, réforme fiscale, emploi, infrastructures, meilleure distribution des ressources … les programmes électoraux traitent de tout. Qu’en est-il alors de l’écologie ?

Au Maroc, l’un des premiers pays à mettre l’écologie au cœur de ses stratégies de développement, la protection de l’environnement devient un souci commun préoccupant citoyens et dirigeants. Dans ce cadre, les partis politiques, à l’occasion des élections de 2021, réaffirment leur engagement en faveur de la protection de l’environnement à travers leurs programmes électoraux. Interviewés par SNRTnews, ils ont partagé leurs visions sur cette problématique centrale.

PJD : Implémenter la stratégie de développement durable

Pour Ahmed Sadki, député à la chambre des Représentants, membre du groupe parlementaire du parti de la justice et du développement (PJD) et membre du comité des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement, l’écologie est « incrustée dans la stratégie de développement du parti« . Si le PJD est reconduit à la tête du prochain gouvernement, il sera question tout d’abord de renforcer la stratégie de développement durable élaborée par l’actuel gouvernement en appuyant le cadre législatif et réglementaire relatif à l’exploitation des ressources naturelles et à différents secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, la pêche, l’industrie et les énergies.

En mettant en place un plan de développement durable, le PJD vise à la fois le volet économique, social et écologique. « Notre programme électoral approche la question de la préservation de l’environnement en mettant la gouvernance au cœur de nos stratégies« , explique Sadki. Et d’ajouter que les députés du PJD ont « travaillé continuellement lors des mandats précédents sur un nombre de législations relatives à la gestion raisonnée des ressources naturelles qui renforcent le principe de gouvernance en modifiant les modes anciens basés sur l’exploitation des ressources naturelles dans une logique de rente à une logique de responsabilité, d’engagement et de respect de cahiers de charge« .

En parallèle, le PJD prévoit un nombre de mesures visant la protection des côtes, à travers la réforme et le renforcement des textes législatifs réglementant l’exploitation des zones côtières. « Nous prévoyons mettre fin à l’exploitation chaotique et arbitraire de nos côtes, notamment l’exploitation des côtes dans la construction et l’appropriation de certains terrains par des moyens illicites« , précise encore Sadki.

L’autonomie énergétique est aussi l’un des objectifs fixés par le PJD dans son programme électoral. « Nous sommes fiers des réalisations accomplies par le gouvernement actuel dans le domaine des énergies renouvelables. Notre parti reste engagé pour le renforcement de l’autonomie énergétique du Maroc, ainsi que pour l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables« , souligne Sadki.

USFP : Un pacte de croissance responsable

Pour le parti de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), écologie et économie riment. Le parti a donc inséré le volet écologique dans son plan de développement économique sous le libellé « Un pacte de croissance responsable ».

« Par responsable est sous-entendu l’aspect social, mais également l’aspect écologique et environnemental » précise Khaoula Lachgar, membre de l’USFP et chargée de la campagne électorale.  Ayant attaché le volet écologique à l’économie et considérant qu’ »il est temps que tout investissement économique public ou privé tienne compte de l’impact environnemental », le parti prévoit « une batterie de mesures concrètes » déclare-t-elle.

Inspirée par les directives Royales sur les problématiques de l’eau, de l’agriculture et de la préservation des forêts, la vision de l’USFP appelle à une action urgente sur le plan écologique. « Nous vivons dans un environnement et un écosystème fragiles, car le Maroc fait partie des pays semi-arides. Nous avons donc besoin d’agir et d’agir vite« , explique Lachgar en soulignant que l’objectif principal est de « préserver les avantages naturels dont dispose notre pays. Le Maroc est l’un des rares pays qui détiennent à 30% la souveraineté sur leurs eaux, il n’y a que 25 pays à peu près dans le monde qui ont cet avantage, et donc il ne faut pas le gaspiller« .

Le parti compte « élaborer une stratégie de gestion stricte, cohérente et durable des ressources naturelles, notamment les ressources hydriques, et de rationalisation de l’usage industriel, agricole et domestique ». En outre, un autre aspect du « plan de croissance responsable » est celui énergétique. « Sur ce volet, nous avons prévu un nombre de mesures, notamment l’usage des énergies fossiles versus les énergies renouvelables, et donc nous prévoyons revoir notre stratégie d’énergie renouvelable afin de favoriser une phase de transition. L’idée étant de réduire le charbon dans notre programme énergétique et d’alléger la pression sur nos forêts« , ajoute-t-elle.

PPS : Réorientation de l’économie nationale

Interrogé sur la place de l’écologie dans le programme de son parti, Ahmad Zaki, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a souligné que l’écologie constitue la charpente du programme électoral. « L’élément écologique doit être prioritaire dans tous les domaines« , souligne-t-il.

Pour relever le défi, le PPS a prévu trois axes d’action comportant un nombre de mesures concrètes. « Le premier point de notre plan d’action sur le volet de l’écologie concernera le secteur du transport afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En renforçant et développant le système des transports publics et communs dans toutes les régions du Maroc, nous inciterons les citoyens à limiter leurs déplacements par les voitures individuelles, ce qui contribuera à limiter les émissions des gaz à effet de serre« .

Sur le plan économique, le PPS prévoit de revoir les accords de libre-échange conclu par le Maroc, dans le but de limiter les émissions de carbone. « Le transport des marchandises à l’échelle mondiale est l’un des facteurs majeurs contribuant au réchauffement climatique. Par conséquent, nous prévoyons de revoir tous les accords de libre-échange de façon à localiser le maximum de production de ces marchandises sur le territoire marocain tout en limitant les importations et favorisant l’industrie locale« .

Si la localisation industrielle permettra, selon Zaki, la création à la fois de la croissance et de l’emploi et le freinage des émissions carbone, le programme politique du PPS a aussi mis en tête de ses priorités, la réorientation de l’agriculture. « Nous avons l’intention de soutenir l’agriculture vivrière et de réduire la part de l’agriculture des produits destinés à l’exportation, qui malheureusement épuise les réserves d’eau. Et ce, contrairement au plan Maroc Vert actuel qui favorise beaucoup plus la culture des produits destinés à l’exportation. Pour préserver nos ressources hydriques, nous souhaitons inverser cette tendance« , explique Zaki

Source : https://snrtnews.com/

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