L’insistance de certaines parties à faire prévaloir des agendas politiques étriqués est l’une des entraves les plus importantes à l’unité institutionnelle africaine, a affirmé, jeudi à Rabat, le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki. « L’une des entraves les plus importantes à l’unité institutionnelle de notre continent est l’insistance de certaines parties à faire prévaloir des agendas politiques étriqués, contraires aux objectifs de l’Union africaine et de ses institutions et qui n’expriment pas notre volonté collective de reconstruire nos perspectives et de nous orienter vers un avenir que nous devons édifier tous et collectivement », a indiqué M. El Malki qui s’exprimait à l’ouverture de la réunion de concertation des présidents des Parlements africains. Il a relevé, à cet égard, certains dysfonctionnements connus dernièrement par le Parlement panafricain, notamment les agissements du président par intérim qui abuse de son poste pour faire adopter des résolutions qui servent injustement les intérêts politiques de certains pays, sachant que ce poste est censé être réservé aux affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau président et ce, conformément au règlement intérieur. Ces actes sont un indicateur clair de l’absence de la censure institutionnelle et une preuve du vide juridique qui impacte négativement la crédibilité de cette institution, a-t-il déploré. Les dysfonctionnements qu’a connus la 4ème session ordinaire de la cinquième législature du Parlement panafricain, tenue à Midrand (Afrique du Sud), du 20 mai au 4 juin dernier, contredisent l’esprit de la pratique démocratique et la démocratie interne et portent atteinte à la liberté des membres du Parlement panafricain de choisir leur président et leurs représentants au sein des différents organes de cette prestigieuse institution « à un moment où nous aspirions tous à remédier au retard des travaux de notre institution résultant de la conjoncture sanitaire mondiale exceptionnelle », a-t-il regretté. « La répétition de telles pratiques irresponsables au sein du Parlement panafricain risque d’exacerber la crise de confiance entre les électeurs africains et leurs représentants et peut détruire leurs espoirs de voir un Parlement qui discute et résout les problèmes du citoyen africain et incarne les valeurs de la démocratie, à savoir la liberté du choix et de s’abstenir de contrôler des institutions et les orienter au service de projets personnels et d’égos étatiques qui ne servent pas le grand projet continental », a enchaîné le président de la Chambre des représentants. Face aux multiples défis auxquels l’Afrique est confrontée, tels que les changements climatiques, un développement économique faible, la recrudescence des conflits armés et non armés, ainsi que les enjeux de la création d’une zone continentale africaine de libre-échange, il a été nécessaire de renforcer le rôle des institutions africaines pour réussir ces projets et répondre aux exigences de la période actuelle et les engagements de demain, a-t-il poursuivi. Les attributions, les compétences et les rôles confiés au Parlement panafricain ont fait de cette institution un acteur clé dans la réalisation de l’intégration africaine souhaitée, a-t-il affirmé, notant que les abus répétitifs entachant le travail au sein du Parlement panafricain nécessitent une révision de la plateforme juridique sur laquelle repose le travail des organes et commissions de l’institution. Cette révision vise principalement à combler les lacunes et les insuffisances juridiques afin de consolider le travail démocratique et de permettre à cette prestigieuse institution de remplir pleinement ses rôles, a-t-il ajouté. La réunion de concertation des présidents des Parlements africains est une action parlementaire africaine commune qui permet d’échanger des vues et des opinions pour parvenir à un consensus entre les différentes délégations parlementaires présentes et ce, dans le plein respect de l’esprit de l’action parlementaire multilatérale, selon M. El Malki. Pour atteindre cet objectif, il faut notamment proposer une modification du règlement intérieur pour éviter tout conflit de lois en vigueur et toute confusion qui peut entacher certains textes juridiques, a-t-il conclu. Libé

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