Membre du Bureau Politique de l’Union socialiste des Forces populaires, Mehdi Mezouari défend un parti plus fort qu’en 2016. Le parti de la rose semble fidèle à ses valeurs de social-démocratie et totalement ouvert à gouverner aux côtés du Rassemblement National des Indépendants de Aziz Akhannouch. Entretien sur le déroulement de la campagne électorale et sur les orientations de l’USFP :  

Un mot sur votre programme qui le différencierait des autres ?

Je pense qu’il faut décrypter le programme de l’USFP de manière globale. Nous avons une offre politique complète, un package, avec un casting défini, des candidats et des élites que nous estimons capables de mener la bataille tout en assurant leurs engagements et responsabilités s’ils sont élus.

Le programme se présente sous forme d’un contrat proposé au citoyen de manière générale et aux électeurs en particulier. Il se base sur le capital politique et intellectuel de l’USFP, un capital qui date de longtemps. Ce capital n’a pas changé et il rime sur les mêmes référentiels. C’est un programme social-démocrate qui se fonde sur des faits conjoncturels, une analyse profonde des crises et malaises  que connaît le Maroc et aussi sur  les échéances à venir, à savoir le cahier de charges national, et le NMD qui est un fondement du futur.

Ce programme est réaliste, ambitieux et il tient, bien entendu, compte des capacités et des moyens du Maroc. En dehors de toute logique de persuasion populiste, nous estimons avoir élaboré un programme réaliste qui va contribuer par ses propositions et engagements au changement.

L’autre singularité de notre proposition, réside dans le fait de faire de la crise sanitaire une question fondamentale de notre approche. Nous sommes toujours en plein covid-19 et nous agissons à l’intérieur de cette crise. Nos solutions sont là pour un état fort, régulateur et social.

L’USFP a gardé ses socles qui sont les valeurs des libertés et de la parité…

Les valeurs de gauche sont des valeurs d’égalité. Les avez-vous défendues au gouvernement ?

Nous sommes le seul parti au Maroc qui défend les sujets de la femme, des libertés individuelles et collectives. Nous avons osé, au gouvernement, défendre les grandes problématiques de société notamment les questions de parité, contrairement au PPS quand il y était.

Tout le déclin des libertés de la femme et de ses droits ainsi que le recul enregistré sur le mariage des mineurs ont eu lieu pendant que le PPS siégeait au gouvernement Benkiran. Il ne faut pas prétendre défendre certains dossiers alors que la position consistait en un statu quo à l’intérieur de l’exécutif.

Nous, au sein de l’USFP, avons œuvré aussi  dans l’opposition pour que les textes de lois soient à jour avec l’époque que nous vivons, d’un pays moderne en phase avec la Constitution de 2011.

Qu’avez-vous fait au sein du gouvernement pour ces questions ?

Les grandes questions comme celles-ci, tout le monde le sait, font objet d’un grand compromis. Ce n’est pas de la langue de bois. Il se trouve que c’est ainsi que ça se passe au Maroc. Ce compromis dépasse même le terrain d’action d’un gouvernement. C’est un compromis qui se passe entre les partis politiques, les institutions, la société etc.

Il en est où ce code pénal, sachant que le ministère de la justice est un dirigé par un usfpéiste ?

Nous sommes toujours en discussion, car il est bloqué et doit faire objet d’un consensus ou d’un débat.

D’ailleurs, ces compromis mentionnés plus haut, il faut trouver les moments opportuns pour les discuter. Avec un tel gouvernement au leadership islamiste, on ne peut pas le faire.

Et vous pouvez le faire avec le RNI ?

Le RNI est un parti ouvert ….  et je suis persuadé qu’avec lui aux côtés d’autres on pourrait faire avancer les choses …

Quels partis vous conviendront pour une alliance gouvernementale ?

Les coalitions sont d’abord la gauche, puis ensuite les partis nationalistes, avec l’Istiqlal éventuellement . Nous les priorisons par cercles d’intérêts communs.

Ensuite viennent les partis avec lesquels nous partageons beaucoup de valeurs. Ceux-là peuvent être de droite tout en ayant épousé actuellement une philosophie social-démocrate, comme le RNI.

Par contre il serait difficile de s’allier avec le PJD ou ses dérivés..

Nous nous sommes déjà alliés au PJD dans le cadre d’un programme gouvernemental qui n’a pas été respecté. Aujourd’hui nous n’y croyons plus.

Comment se passe la campagne sur le terrain ?

Nous avons eu de bonnes réactions de la part des citoyens dans notre campagne. Nous sommes plus à l’aise par rapport aux anciennes échéances et avons de grandes chances de revenir plus forts sur l’échiquier politique.

Concernant l’accueil global des citoyens de toute la campagne électorale, je pense que le taux de participation sera certainement boosté par l’organisation de trois échéances à la fois le même jour. Il faudra attendre le 8 septembre pour être fixés sur le taux d’abstention. Quel qu’il soit et quel qu’il ait été, tous les partis ont une part de responsabilité dans ce taux d’abstention, l’USFP aussi est partie prenante.

Je pense que le fait que le Maroc a respecté son agenda électoral, avec la situation sanitaire présente, est une bonne chose. Je pense également qu’on aura un taux d’abstention correct et donc une participation importante. Par conséquent, cela donnera une bonne image de la démocratie marocaine par rapport à son contexte régional et géostratégique, ainsi qu’international notamment par rapport à nos partenaires européens.

Le Maroc doit réussir cet examen : c’est une épreuve interne, certes, mais aussi une occasion  de montrer au monde que le Maroc est un Etat fort avec des consultations régulières, transparentes et ponctuelles.

Quel est profil de vos candidats ?  

Ce sont à 90% des profils USFP. 38 à 40% représentent d’anciens députés ou des candidats ayant une expérience dans la circonscription où ils se présentent. Le reste , ce sont de nouveaux profils sans appartenance partisane précédente.

Nous avons également fait une ouverture sur de nouvelles personnes en provenance d’autres partis, qui se sont présentées chez nous. Cette ouverture reste très maîtrisée, elle a eu lieu il y a près d’un an et demi. Ce cercle est très réduit.

Ce sont majoritairement des candidats au niveau d’études supérieur.

L’USFP, sera le 4ème parti à l’issue des urnes selon Driss Lachgar ? 

Le Secrétaire Général a des paramètres internes devant lui qui lui montrent qu’il peut être premier, deuxième ou quatrième. Il s’agit des informations qui remontent des circonscriptions. En fait l’USFP est un parti qui espère être au rang des trois premiers.

L’USFP est en train d’évoluer et nous sommes plus à l’aise que lors de la campagne des législatives précédentes. Et ce, malgré que les élections cette année sont plus difficiles qu’en 2016, car marquées par la présence des sociétés électorales. Je pointe des candidats  et des personnes qui dépensent des  dizaines de millions de dirhams dans les circonscriptions et non pas des partis dans leur globalité.

Vous déplorez l’usage de l’argent ?

Oui absolument, et je déplore surtout l’instrumentalisation de la religion par les islamistes. La religion c’est plus grave que l’argent. Le PJD a bien su y faire depuis très longtemps. Ils ont été élus en 2011 parce qu’ils ont eu le temps d’exploiter cela bien avant.

Vous avez eu 11 ans pour contrer cet usage de la religion à des fins électoralistes … 

Il faut qu’on se mette tous d’accord sur un pacte national de la démocratie. Il n’est pas possible de gérer uniquement chaque législature avec ses problèmes spécifiques .

source : https://www.barlamane.com/fr

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