L’ USFP monte au créneau et s’oppose mordicus à la dernière décision du département de l’Enseignement d’imposer de nouvelles conditions pour pouvoir passer le concours des enseignants relevant des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF).

Ainsi, le Premier secrétaire, Driss Lachguar, a vivement critiqué cette décision qu’il a qualifiée de «maudite», soulignant dans son discours prononcé samedi dernier lors de la réunion du Conseil national du parti qu’elle pénalise «les catégories de jeunes qui attendaient l’annonce de ces concours et se retrouvent désormais dans une situation d’exclusion et de grande frustration. La quasi-totalité de ces jeunes sont des lauréats d’universités à accès ouvert qui ne disposent pas d’autres opportunités d’emploi ». Et de marteler : «Nous pouvons considérer cette mesure comme n’étant que la traduction des orientations gouvernementales néolibérales très lointaines de l’option de l’Etat social et démasquant de ce fait l’inconsistance de leurs prétentions».

Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants s’est inscrit, quant à lui, contre cette mesure gouvernementale. De ce fait, il a présenté hier lundi (22 novembre) une demande pour la tenue d’une réunion urgente de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication en présence du ministre de l’Education nationale, et ce pour débattre de cette décision ayant provoqué un tollé chez un pan important de jeunes.
Le Groupe socialiste a également adressé une question d’actualité au ministre de tutelle sur les conditions aberrantes et iniques imposées aux jeunes diplômés pour passer les concours des enseignants relevant des AREF. Il s’agit en l’occurrence de l’âge d’accès auxdits concours qui a été fixé à 30 ans, ainsi que de l’interdiction d’accès au concours aux candidats sous contrat avec le secteur privé.
Pour étayer sa position, le Groupe socialiste s’est appuyé sur des textes juridiques. En effet, l’article 1 du Dahir n° 1-58-008 du 24 février 1958 portant statut général de la fonction publique dispose que tout Marocain a droit d’accéder dans des conditions d’égalité aux emplois publics, tout en soulignant que fixer l’âge maximum d’accès aux concours à 30 ans contredit même les statuts régissant les AREF qui fixent la limite d’âge maximum à 40 ans. Ainsi, l’article 4 de ces statuts exige que l’âge du candidat ne doit pas être inférieur à 18 ans et ne pas dépasser 40 ans alors que l’âge maximum est porté, éventuellement, à 45 ans pour une certaine catégorie de cadres et de fonctionnaires.
Quant à l’interdiction d’accès au concours aux candidats sous contrat avec le secteur privé, les députés ittihadis Nezha Abakrim, Moulay El Mehdi El Fatmi et Mahmoud Abba, dans leur question orale, considèrent que cette condition est farfelue et dénoncent «une décision abusive qui exclut de larges catégories de jeunes diplômés de passer les concours de l’enseignement».
Pour toutes ces raisons, les parlementaires ittihadis ont interpellé le ministre de l’Education nationale sur les mesures que son département envisage de prendre pour réparer cette injustice et, partant, permettre aux jeunes diplômés de prendre part à ces concours d’autant plus que la quasi-totalité de ces jeunes sont des lauréats d’universités à accès ouvert qui ne disposent pas d’autres opportunités d’emploi.

 

Mourad Tabet

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