Présenter aujourd’hui l’Union socialiste des forces populaires comme un parti «mort» relève davantage de la formule polémique que de l’analyse politique. La critique est légitime, y compris lorsqu’elle est sévère. Mais elle perd sa valeur dès qu’elle transforme des accusations non établies en vérités acquises, ou qu’elle interprète tout désaccord interne comme la preuve d’un effondrement général.
La vraie question n’est donc pas de savoir si l’USFP dérange, mais pourquoi certaines controverses surgissent précisément au moment où s’ouvrent les arbitrages électoraux.
Des procédures discutées avant d’être contestées
Dans le processus de désignation des candidatures, qu’il s’agisse des circonscriptions locales ou de la liste régionale des femmes, les décisions n’ont pas été prises de manière solitaire. Les procédures ont été débattues au sein des instances provinciales et régionales. Les candidatures ont fait l’objet d’un travail de qualification, puis d’un examen par la commission chargée de statuer, avant que des propositions ne soient soumises au Bureau politique, qui les a examinées et approuvées à l’unanimité.
C’est ici qu’apparaît une contradiction qu’il faut assumer politiquement : comment accepter une procédure lorsqu’elle est en cours, y participer, puis en contester la légitimité uniquement après en avoir connu le résultat ?
Une liste régionale ne peut avoir plusieurs têtes de liste. Plusieurs militantes peuvent disposer de compétences, de légitimité et d’ambition; l’organisation doit néanmoins trancher. Ne pas être retenue ne signifie donc pas nécessairement avoir été écartée arbitrairement. C’est la conséquence normale d’un choix collectif qui ne peut satisfaire toutes les aspirations individuelles.
Le débat interne est une richesse. Le refus du résultat simplement parce qu’il ne correspond pas à une attente personnelle relève d’une autre logique.
Quand le désaccord devient accusation
L’USFP a toujours été traversée par le débat, la confrontation d’idées et parfois la vigueur des désaccords. Cette culture critique fait partie de son histoire. Mais elle ne peut servir de justification au passage du désaccord politique à la mise en cause globale du parti.
Les accusations relatives à une prétendue «vente des investitures» sont suffisamment graves pour exiger autre chose que des rumeurs. Celui qui dispose de faits ou de preuves doit les produire et saisir les institutions compétentes. À défaut, la répétition d’une accusation ne peut tenir lieu de démonstration.
Le problème devient plus sérieux lorsque des différends internes sont amplifiés de l’extérieur, réinterprétés et utilisés dans une bataille d’image à l’approche des élections. Certaines mains trouvent manifestement intérêt à remuer ces eaux troubles. Il serait toutefois trop facile de tout expliquer par une conspiration. La réponse la plus solide reste la transparence : exposer les procédures, assumer les décisions et accepter la responsabilité politique qui les accompagne.
Un parti vivant se juge dans le présent
L’USFP ne peut pas vivre uniquement de son histoire. Son passé constitue une responsabilité davantage qu’un privilège. Ce qui importe désormais est sa capacité à rester proche des citoyens, à comprendre leurs attentes et à transformer leurs préoccupations en propositions politiques concrètes.
C’est précisément parce que des citoyens continuent d’attendre beaucoup de l’USFP qu’ils la critiquent avec exigence. On n’attend rien d’un parti réellement mort.
Un militant peut discuter, contester et défendre sa position jusqu’au moment de la décision. Mais une organisation politique ne peut fonctionner si chaque arbitrage accepté hier devient illégitime dès lors qu’il contrarie une ambition aujourd’hui.
L’enjeu n’est donc ni de sanctuariser l’USFP ni d’interdire sa critique. Il est de remettre chaque accusation à l’épreuve des faits.
Et sur ce terrain, la conclusion appartient moins aux chroniqueurs qu’aux citoyens : la vitalité d’un parti ne se décrète ni dans un article ni dans une rumeur ; elle se mesure dans la société, dans l’action politique et, finalement, dans les urnes.
Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires
Secrétaire provincial du parti à Tétouan

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