Soucieux de la bonne application de la loi et du respect de la mission qui incombe à la Chambre des représentants en matière d’exercice législatif, Mohamed Mellal, membre du Groupe socialiste et président de la commission des structures de base, de l’énergie, des mines et de l’environnement, a présenté lors de l’ouverture de la session mensuelle de ladite institution, une motion d’ordre, en vertu de l’article 82 de la Constitution et de l’article 67 du règlement intérieur qui disposent de consacrer, au moins une journée mensuellement, à l’examen des propositions de lois présentées aussi bien par l’opposition que par la majorité.

Mellal a révélé que jusqu’à cette motion d’ordre, aucune programmation des propositions de lois n’a été effectuée, en insistant sur la nécessité de telle programmation et de la délibération autour de cette question par la présidence de la Chambre des représentants au sein du bureau du Conseil de même qu’il a réclamé au gouvernement de veiller sur l’observation des dispositions de la loi et sur le respect de l’initiative législative du Parlement.
D’autre part, évoquant l’obligation du respect du règlement intérieur, le président du Groupe socialiste à la même institution parlementaire, Abderrahim Chahid, quant à lui, a souligné dans une autre motion d’ordre, l’absence de programmation de nombreux secteurs gouvernementaux lors de cette session mensuelle conformément à l’article 262 du règlement intérieur, en précisant que plus de 10 départements n’ont pas été programmés, notamment l’Intérieur, les Affaires étrangères et la Coopération, l’Agriculture, le Tourisme et l’Artisanat.

Par ailleurs, le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a interpellé le ministre des Habous et des Affaires islamiques au sujet des mesures prises par son département quant à l’enseignement traditionnel et à la situation déplorable des employés de ce secteur.
A ce propos, le député parlementaire, Abdelkader El Bousri, a relevé au nom du Groupe socialiste que l’Enseignement traditionnel se heurte à d’innombrables problèmes qu’on pourrait synthétiser dans la précarité de la gestion des écoles traditionnelles et les contraintes sociales dans lesquelles se débattent les professionnels de ce secteur.
L’intervenant a affirmé, à ce sujet, que le Groupe socialiste «a été destinataire d’un appel au secours lancés par les employés du secteur de l’enseignement traditionnel se rapportant à leur exclusion des catégories susceptibles de bénéficier de la couverture sociale». Cela conduit à poser plusieurs interrogations sur la consistance du développement de ce secteur alors que ses cadres ressentent amèrement leur marginalisation et vivent dans une situation manifeste d’exclusion, a-t-il fait observer avant d’ajouter dans une réaction à l’intervention du ministre des Habous et des Affaires islamiques «Nous ignorons, hélas, de quelle coordination, il s’agit, entre votre département et les secteurs de l’enseignement public».

Là-dessus, pour sa part, le député parlementaire ittihadi, Alaoui Moulay El Mehdi, a apostrophé le même ministre sur la question de la situation matérielle et sociale des préposés religieux et des imams de mosquées, soulignant qu’il y a bien un manquement de la part de son département et une grande négligence quant à la situation de cette catégorie qui se débat dans de nombreuses difficultés, dont particulièrement le manque d’observation du Smig et l’absence de couverture sanitaire, ce qui l’interpelle au sujet de la promotion de ce groupement en contradiction par ailleurs avec les rôles importants qu’il joue dans la société.

En outre, évoquant la question de la protection des droits des enfants dans le contexte de la pandémie de Corona, le Groupe socialiste a questionné le ministre de la Justice sur les procédures et mesures que son département compte adopter pour mettre un terme à la souffrance de cette catégorie, en affirmant que c’est là une question fondamentale qui interpelle l’action des différents secteurs gouvernementaux d’autant que ladite pandémie a eu particulièrement des répercussions désastreuses sur les enfants. A cet égard, le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a souligné que le Fonds de la solidarité familiale est tenu d’orienter ses ressources et ses prestations vers le soutien prioritaire de familles vulnérables et très pauvres, dont les enfants sont sortis dans la rue et sont confrontés aux difficultés sociales occasionnées particulièrement par la conjoncture pandémique.
Le Groupe socialiste, en réaction à l’intervention du ministre de la Justice lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, a mis l’accent sur la nécessité «de préserver les droits des hommes de l’avenir, non seulement en matière du volet législatif mais aussi en ce qui concerne le soutien financier des familles de ces enfants afin de les entretenir et veiller sur leur apprentissage».
Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants a interpellé également la ministre déléguée, chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration au sujet des mesures prises dans le cadre de l’activation de la transition numérique dans notre pays. A cet effet, la députée parlementaire, Hayat Laraïch, a relevé les dysfonctionnements dont souffrent différentes administrations et établissements publics de même qu’elle a révélé l’absence de justice territoriale et sociale quant à l’exécution d’une stratégie numérique à travers les régions, évoquant, en particulier la faiblesse du réseau de l’Internet et de la formation des cadres et fonctionnaires. S’adressant à la ministre concernée, la députée ittihadie a précisé que la région de Laâyoune-Saquiat Hamra en pâtit dans de grandes proportions de même que la vulnérabilité sociale de certaines familles, notamment en milieu rural, conjuguée à la faiblesse du pouvoir d’achat pénalisent leur capacité à acquérir les matériaux technologiques à même de favoriser leur adaptation à la vie numérique.
Hayat Laraïch a, par ailleurs, mis l’accent sur ces défis qui entravent le processus de concrétisation du projet de loi relatif à l’administration numérique. Elle s’est interrogée, à l’adresse de la ministre déléguée : « Est-ce que le gouvernement dispose de l’audace requise à même de réaliser la numérisation à travers toutes les régions, eu égard notamment aux disparités territoriales aux niveaux urbain et rural ? ».

D’autre part, il convient de signaler que la séance a été marquée par une grande virulence des observations émises par certains députés à l’encontre du ministre de la Justice du fait des propos que ce dernier avait proférés devant un fonctionnaire de la commune de Taroudant tels que « je connais la couleur de tes chaussettes …(sic) ». D’ailleurs, le paroxysme de cet antagonisme verbal fut enregistré particulièrement, à cause du refus manifesté par ledit ministre de répondre à une question exprimée en langue amazighe. A cet effet, les députes du Groupe socialiste ont insisté sur la nécessité d’effectuer la traduction instantanée de l’arabe et l’amazighe, lors des travaux parlementaires.

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